De nouvelles attaques contre la Sécurité sociale

Tout en confirmant le doublement prochain des franchises médicales, Emmanuel Macron a annoncé le remplacement du congé parental par un « congé naissance »...

(Photo AFP).
Par Nicole Bernard
Publié le 5 février 2024
Temps de lecture : 3 minutes

Dans ce pays où plus rien ne fonctionne (ni l’hôpital, ni l’école, ni les services publics), Macron en appelle au patriotisme français pour que le nombre de naissances augmente.

On ne peut que partager le dégoût qu’exprime l’insoumise Isabelle d’Artagnan : « Du Pétain dans le texte. Revoilà la sombre théorie de la propriété de la nation sur le ventre des femmes. Il faut pondre du soldat français pour “faire nation”.  »

Selon Sylvain Maillard, chef macroniste : « Une société qui ne fait pas d’enfant est en train de mourir ». Pétain, on vous dit !

E n 2023, 678 000 enfants sont nés. De quels moyens disposent les parents pour que ces enfants grandissent et soient heureux ?

Selon un directeur de recherche à l’Ined (Institut national d’études démographiques) : « Les politiques publiques efficaces sont celles qui rendent la vie plus facile aux parents ».

Les choses sont donc très simples : il faut augmenter considérablement la Paje (Prestation d’accueil du jeune enfant) de telle sorte que les parents puissent travailler en sachant que leurs enfants sont en crèche ou chez des assistantes maternelles correctement rémunérées.

Or, si 35 % des parents souhaitent que leur enfant soit accueilli en crèche, 18 % seulement y trouvent une place principalement dans le privé car il y a de moins en moins de crèches publiques. Et sont de plus en plus nombreux les parents qui retirent leurs enfants en cours de route car les crèches privées ne fonctionnent pas bien.

Un congé de naissance plus court que le congé parental actuel

Le congé parental, ça ne va pas, dit le gouvernement. C’est le moins qu’on puisse dire. En 2015, 460 000 parents ont pris ce congé parental. En 2022, ils n’étaient plus que 220 700.

Parce qu’il est impossible de vivre avec moins de 500 euros à la place d’un salaire.

Que propose Macron avec le congé naissance ? La même chose en plus court que le congé parental. Au lieu de 2 ans auxquels s’ajoute une année pour l’autre parent, il serait de 6 mois auxquels s’ajouteraient 6 mois pour un autre parent. Il serait mieux indemnisé ? Peut-être… Mais nettement plus court. Et le reste du temps avant l’école maternelle, que fait-on des enfants ?

Donc, une réforme dont la conséquence ne fait, malheureusement, aucun doute : le nombre de femmes contraintes de s’arrêter de travailler augmentera !

Dans sa frénésie à augmenter les profits de ses amis, le gouvernement Macron a dévasté la « branche famille » de la Sécurité sociale en aggravant, encore, la situation laissée par ses prédécesseurs.

la branche « famille » de la Sécurité sociale dévastée

Par ailleurs, les conditions imposées réduisent régulièrement le nombre de bénéficiaires de la Paje : de 2 188 000 en 2016 à 1 899 000 en 2021. C’est parce qu’il y a moins d’enfants ? Non, la diminution du nombre d’enfants s’est limitée à 90 000 sur la même période.

De moins en moins de familles peuvent donc bénéficier d’aides vitales pour élever les enfants.

Un rappel : en 1945, la base mensuelle des allocations familiales1Les différentes prestations sont calculées en pourcentage de cette base mensuelle. correspondait au salaire d’un ouvrier métallurgiste de la région parisienne. Aujourd’hui, elle est de 445,93 euros.

En 1951, le taux de la cotisation allocations familiales à la seule charge de l’employeur était de 16,75 %. Aujourd’hui, elle est de 5,25 % avec des exonérations dégressives sur les salaires jusqu’à 3,5 fois le Smic. Et malgré cette baisse des recettes, la « branche » est excédentaire depuis 3 ans !

Ce gouvernement se dit préoccupé par la situation des familles. Non. Il est préoccupé par la situation des profits et par le budget militaire.

 

Au même moment, Macron annonce le doublement des franchises médicales (créées en décembre 2007 par le gouvernement Sarkozy). Ces franchises constituent un dispositif particulièrement antisocial puisqu’elles taxent ceux qui ont besoin du médecin et des médicaments.

Macron justifie le doublement avec désinvolture : « Dire qu’on va passer de 0,50 à 1 euro par boîte de médicament, je n’ai pas le sentiment qu’on fait un crime terrible ».

Parole de riche ! Parole d’ennemi de la Sécurité sociale pour qui tout remboursement est exagéré ! Le doublement, cela veut dire 2 euros par consultation médicale.

Or, il faut le rappeler, les mutuelles ont interdiction de rembourser si elles veulent bénéficier des avantages du « contrat responsable ». Par ailleurs, si le plafond annuel de 50 euros est maintenu (pour le moment) pour les assurés à 100 %, il disparaît pour les autres malades.

En clair, en pleine crise du pouvoir d’achat, le gouvernement Macron baisse la prise en charge de la Sécurité sociale. Un gouvernement de vautours.