Etats-Unis : des syndicats exigent la libération des étudiants de Columbia

28 syndicats – représentant des dizaines de milliers de travailleurs – exigent « la réintégration immédiate de tous les étudiants sanctionnés pour des manifestations pro-palestiniennes et la fin de la répression des manifestations sur le campus de Columbia ».

Le 23 avril, le police de New York a arrêté une centaine d'étudiants de Columbia qui manifestaient contre les massacres en Palestine (photo Fatih Aktas / Anadolu via AFP)
Par la rédaction d'IO
Publié le 26 avril 2024
Temps de lecture : 2 minutes

28 syndicats, représentant des dizaines de milliers de travailleurs, ont signé une déclaration de solidarité exigeant la réintégration immédiate de tous les étudiants et travailleurs étudiants disciplinés pour les manifestations pro-palestiniennes et la fin de la répression des manifestations sur le campus de Columbia, à New York.

Les signataires comprennent : l’UAW Région 9A ; les syndicats de travailleurs étudiants de Johns Hopkins, de l’université de Caroline du Nord, de NYU, de Harvard, de l’université du Michigan, de Mount Sinai, d’UC Santa Cruz, de The New School, de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign et Dartmouth ; plusieurs syndicats universitaires et organisations du secteur de l’enseignement non supérieur, notamment l’Association of Legal Aid Attorneys (avocats), l’UAW Local 2325, United Library Workers USW Local 9562, Downstate NY Starbucks Workers United et d’autres.

La déclaration se lit comme suit :

« Le 18 avril, Minouche Shafik, la présidente de Columbia, a violé les procédures universitaires et a autorisé la police de New York à arrêter des dizaines d’étudiants de Columbia, y compris des membres du Student Workers of Columbia- SWC-UAW 2710.

Les étudiants et étudiants travailleurs qui protestaient avaient courageusement tenu le campement de solidarité pour Gaza sur la pelouse au centre du campus pendant deux jours, rejoints par des centaines d’étudiants et de manifestants de SWC protégeant leur campement, et par une mobilisation massive d’autres militants syndicaux et de la communauté dans les rues à l’extérieur du campus.

Les exigences du campement incluaient que Columbia, leur école et leur employeur, se désinvestisse des avoirs financiers des fabricants d’armes, des entreprises technologiques et de toute autre entité qui profite matériellement de l’occupation israélienne et du génocide des Palestiniens, que Columbia rende ses investissements transparents et que Columbia réintègre tous les étudiants confrontés à des sanctions pour les manifestations pro-palestiniennes au cours des derniers mois, notamment cinq étudiants qui ont été suspendus et expulsés de leur logement appartenant à Columbia il y a deux semaines.

En tant que travailleurs, nous sommes solidaires de nos frères et sœurs syndiqués du SWC-UAW 2710 qui ont été arrêtés et risquent d’être suspendus.

Nous demandons leur réintégration immédiate, ainsi que celle de leurs camarades de classe, et que Columbia abandonne toutes les charges retenues contre eux, tant juridiques qu’académiques.

Nous déplorons les actions de la présidente Shafik et appelons Columbia à mettre immédiatement fin à la répression des manifestations.

Nous, soussignés, pensons que la répression et la criminalisation des militants, des étudiants, des professeurs et des travailleurs universitaires à travers le pays constituent des violations de nos droits élémentaires de libre expression et de protestation.

Si rien n’est fait, ces attaques contre la liberté académique et les protestations contre le génocide ouvriront la voie à de nouvelles mesures qui restreindront les libertés civiles, non seulement pour les universitaires, mais pour la société civile dans son ensemble.

Le droit de manifester est nécessaire à toute lutte, et l’attaque directe contre ce droit est également une attaque contre les travailleurs.

Une attaque contre est une attaque contre tous : si les étudiants de Columbia peuvent être réprimés pour avoir manifesté, les travailleurs de Columbia et tous les travailleurs pourraient l’être aussi. Les travailleurs sont pleinement solidaires de ce mouvement étudiant. Solidarité ! »

Le 23 avril 2024