La révolution de juin 1848 : parce qu’« il ne suffit pas de changer les mots… » (Blanqui)
Après le renversement de la monarchie de Louis Philippe, le gouvernement provisoire, proclamant la IIe République, est un « compromis entre les différentes classes qui avaient renversé ensemble le trône de Juillet mais dont les intérêts s’opposaient avec hostilité » (Marx).
- Histoire

Renouant avec les traditions révolutionnaires, les 22, 23 et 24 février 1848, des journées insurrectionnelles mettent fin à la monarchie de Juillet2Nom donné au régime monarchique qui succède à la révolution de juillet 1830. Mais l’installation de la République, comme l’écrit l’historien Jean-Claude Caron, « n’apparaît pas comme une formalité ». Il a fallu l’invasion de l’Assemblée par une manifestation en armes des ouvriers parisiens pour que l’abdication de Louis-Philippe soit autre chose qu’un changement de dynastie. Se met en place un gouvernement provisoire composé de bourgeois modérés auquel on adjoint des ministres issus des rangs socialistes ; c’est seulement après la mise en place de ce gouvernement qu’on parle de République.
Entre-temps, Lamartine a fait retirer le drapeau rouge comme symbole du nouveau régime au profit du drapeau tricolore. La révolution doit être respectable… Avec une unanimité touchante qui préfigure tous les retournements dont sera capable ultérieurement l’appareil d’Etat français à travers tous les boulversements, les notables qui servaient hier la monarchie se mettent au service de la République, cela aussi est une tradition bien française.
Mais le rapport de force est toujours en faveur de la classe ouvrière malgré sa faiblesse politique. Car la proclamation de la République n’est pas une mince chose. Marx souligne que cela représente pour les ouvriers, surtout sous la forme « république (…)
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