Retraites : à propos du minimum contributif, des mensonges à la pelle
Selon les défenseurs de la réforme des retraites de Macron, l’abroger aurait comme effet de replonger dans la misère les titulaires d’une petite pension qui, selon eux, ont bénéficié de la réforme. Un cynisme sans imite !
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Le 1er septembre, Mme Braun-Pivet revenait, sur Franceinfo, sur la réforme des retraites. Ayant senti le vent du boulet, elle a affirmé qu’il fallait « améliorer cette loi ».
Mais surtout ne pas l’abroger car cela aurait comme effet de replonger dans la misère les titulaires d’une petite pension qui, selon elle, ont bénéficié de la réforme ! Le cynisme de ces gens-là n’a pas de limite !
C’est un mensonge. Comme d’habitude. Les modalités de revalorisation ont fait l’objet de deux décrets en août 2023. Qu’on continue donc à les appliquer et qu’on les complète si nécessaire ! Cela va de pair avec l’abrogation de la réforme haïe de la population.
Car les salariés aux faibles revenus, et ils sont nombreux, sont, comme tous les autres salariés (et même encore plus qu’eux) pénalisés par le recul de l’âge de la retraite et l’allongement de la durée de cotisation ! C’est pourquoi l’abrogation est, au contraire, vitale pour eux.
Revenons sur la promesse de revalorisation des petites pensions. Il s’agit de ce que la législation appelle le « minimum contributif ». Pourquoi contributif ? Parce que ce n’est pas une prestation d’assistance aux plus défavorisés comme le minimum vieillesse. Pour bénéficier du minimum contributif intégral, il faut une carrière complète ou avoir atteint 67 ans, l’âge d’annulation de la décote.
Si vous remplissez les conditions, et si les pensions que vous touchez des différents régimes ne dépassent pas un certain montant (1367,51 €), vous devez percevoir le différentiel entre votre pension du régime général et le montant du minimum contributif. C’est seulement une garantie minimale.
Ce sont surtout les non-salariés et les femmes qui sont éligibles, c’est-à-dire ceux qui ont les salaires et revenus les plus faibles.
Pour imposer la loi de 2003 allongeant la durée de cotisation à 40 ans pour le public et le privé, Fillon avait promis qu’il n’y aurait pas de pension inférieure à 85 % du Smic.
C’était en 2003… et on en est toujours loin !
Pour tenter de faire passer sa loi meurtrière portant à 64 ans l’âge de départ avec 43 ans de cotisations, Macron a repris la promesse de Fillon et augmenté le minimum contributif.
Il est passé de 645,50 € en 2021 à 684,13 € le 1er janvier 2023, 709,13 € le 1er septembre 2023 et 746,71 euros le 1er janvier 2024, ce qui est loin d’atteindre 85 % du Smic (21 ans après la promesse de Fillon !)
Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), cette revalorisation débouche, pour ceux qui sont partis le 1er septembre 2023, sur une augmentation moyenne de… 30 euros ! Pour ceux qui étaient partis avant la réforme, les paiements sont revalorisés avec le nouveau minimum contributif.
Prétendre que l’abrogation de la réforme léserait ces retraités est scandaleux.
Notons, d’ailleurs, qu’à la date d’aujourd’hui, 850 000 bénéficiaires potentiels de la revalorisation n’ont toujours rien reçu, le directeur de la Caisse nationale vieillesse expliquant que c’est terriblement compliqué !
Ah bon ? d’après nos informations, l’essentiel est fait par programme informatique! Par ailleurs, si cela demande plus de temps, que la Cnav embauche ! Cela permettra peut-être de rouvrir les guichets…
Cette bande qui nous gouverne depuis 2017 ne cesse de mentir ! Assez !
Pour améliorer la situation des retraités, il est indispensable d’abroger la réforme et de porter, enfin, le minimum contributif au montant du Smic !
L’abrogation, en revenant sur l’âge de départ, devrait d’ailleurs envisager une compensation pour ceux qui sont partis depuis septembre 2023 avec une retraite amputée !
