Palestine : stopper l’offensive de l’État génocidaire

Le meeting internationaliste organisé le 5 octobre à Paris sera un point de ralliement de ceux qui s’opposent à la guerre et à la barbarie. 

Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans la capitale australienne le 3 août, bravant les intempéries pour exiger la fin du génocide israélien et de la campagne de famine à Gaza. La manifestation a paralysé la circulation sur le pont du port de Sydney.
Par Lucien Gauthier
Publié le 7 août 2025
Temps de lecture : 4 minutes

Alors que la mort et la famine continuent de s’abattre à chaque instant sur Gaza, Trump a menacé d’imposer des sanctions à tout pays qui prendrait des mesures hostiles à Israël. De leurs côtés, des dirigeants israéliens ont annoncé que l’armée allait prendre le contrôle total de Gaza et l’occuper.

Netanyahou, suite aux vidéos d’otages diffusées par le Hamas, a riposté qu’il voulait que cette question des otages soit dorénavant une question internationale.

Mais le même Netanyahou avec ses soutiens occidentaux s’obstine à travestir la réalité, c’est-à-dire la situation des Gazaouis, notamment des enfants, soumis à la famine et qui en meurent par dizaines tous les jours.

Cette offensive brutale de Trump et de Netanyahou exprime la peur qui frappe les sommets de l’impérialisme. La publication d’un appel de 600 anciens responsables des services de sécurité d’Israël (lire ci-dessous) indique que c’est l’appareil d’État qui est maintenant frappé directement. Il ne s’agit en effet pas d’une pétition supplémentaire (après celle d’artistes, de médecins, d’avocats, etc.), il s’agit de chefs militaires et de service de renseignements qui ont consacré toute leur carrière à la lutte contre les Palestiniens.

fracture profonde au sein de la société israélienne

Ces gens-là sont loin d’avoir les mains propres et n’ont aucun sentiment à l’égard des Palestiniens. Ils s’adressent à Trump, ce qui indique les véritables relations qui unissent Israël et les États-Unis. Les signataires sont terrorisés par le fait que c’est l’existence même de l’État d’Israël qui soit menacée. Cela démontre l’existence d’une fracture profonde au sein de la société israélienne.

Les manifestations chaque semaine pour exiger des négociations pour la libération des otages mais aussi des manifestants qui défilent avec les photos des enfants gazaouis assassinés témoignent du rejet croissant de la guerre dans la population. De nombreuses personnalités israéliennes, notamment des intellectuels et des artistes, qui jusqu’à présent n’avaient pas clairement pris position, dénoncent maintenant ce qu’ils qualifient eux-mêmes de génocide. Un sondage d’une chaîne de télévision israélienne indique qu’un tiers des interrogés se posent la question de quitter le pays.

Et la fuite en avant du régime s’accentue avec le déchaînement de violence qui frappe la Cisjordanie.

La mobilisation à l’échelle internationale continue de s’élargir et tous les continents, tous les pays voient se multiplier les manifestations (souvent très massives) pour exiger l’arrêt du génocide à Gaza. Les gouvernements des pays occidentaux se voient contraints de prendre en compte, pour chercher à la détourner, cette mobilisation des peuples car ils ne renoncent en rien – en réalité – à leur politique de soutien à l’État d’Israël. Ils font des discours, certains condamnent mais continuent à envoyer des armes qui servent aux massacres en Palestine.

Ils n’ont pas les mains propres

Plusieurs gouvernements – comme en France – procède à des parachutages de vivres au-dessus de la bande de Gaza. Ces largages de l’armée française ne sont l’équivalent que de six camions d’aide humanitaire. Comme le rappelle l’organisme de l’Onu chargé de l’aide humanitaire, 6 000 camions sont toujours bloqués par l’armée israélienne pourtant plein de vivres à destination de Gaza.

Comme l’indique le Centre palestinien pour les droits humains, ces parachutages sont en fait une couverture et viennent en renfort à la politique d’Israël. En effet, cette politique « humanitaire » des puissances occidentales vise à masquer leur propre refus de rompre leurs relations économiques, politiques et militaires avec l’État d’Israël.

À l’inverse, les mobilisations massives des peuples veulent cette rupture avec les génocidaires. Au Pirée en Grèce, à Gênes en Italie, à Tanger au Maroc, les mobilisations massives du peuple avec l’action des dockers s’opposent aux chargements de navires en matériels militaires à destination d’Israël. C’est là la voie que devrait emprunter le mouvement ouvrier à l’échelle mondiale pour organiser partout le blocus et le boycott de l’État génocidaire.

Le meeting internationaliste organisé le 5 octobre à Paris sera un point de ralliement de ceux qui s’opposent à la guerre et à la barbarie. Ces derniers jours, des appels d’un certain nombre organisations et associations ont été lancés pour de vastes rassemblements début septembre.

Lu dans la presse (Ouest France, 4 août)

D’anciens responsables de l’appareil sécuritaire israélien demandent l’aide de Donald Trump pour « arrêter la guerre » à Gaza

Le courrier du mouvement des Commandants pour la sécurité d’Israël (CIS) est signé par 550 anciens espions, militaires, policiers et diplomates. Trois anciens patrons du Mossad (service de renseignement extérieur), cinq ex-dirigeants du Shin Bet (service de sécurité intérieure) et trois ex-chefs d’état-major de l’armée figurent notamment parmi les signataires de cette lettre, rendue publique dans la nuit de dimanche à lundi.

« Au nom de CIS, le plus grand groupe israélien d’anciens généraux de l’armée, Mossad, Shin Bet, police et corps diplomatiques équivalents, nous vous exhortons à mettre fin à la guerre à Gaza. Vous l’avez fait au Liban. Il est temps de le faire à Gaza également », plaident-ils auprès de Donald Trump. « Tsahal [l’armée israélienne] a depuis longtemps atteint les deux objectifs qui pouvaient être réalisés par la force : démanteler les formations militaires et le gouvernement du Hamas », estiment les membres du CIS. « Le troisième, et le plus important, ne peut être atteint que par un accord : ramener tous les otages chez eux ».

« Nous considérons, en tant que professionnels, que le Hamas ne représente plus une menace stratégique pour Israël, et notre expérience nous indique qu’Israël dispose de tout ce qu’il faut pour gérer ses capacités résiduelles de terreur, à distance ou autrement », estiment-ils. « Traquer les derniers hauts responsables du Hamas peut être fait plus tard », mais les « otages ne peuvent pas attendre ».