Avec « Standing Together »
Depuis plusieurs mois, l’association Standing Together (Debout ensemble) dont les membres sont reconnaissables à leur tee-shirt violets, prend de l’ampleur dans les manifestations et initiatives contre la guerre à Gaza.
- Actualité internationale, Guerre, Palestine

À l’issue de la manifestation du vendredi 8 août, nos correspondants ont rencontré Ron Finer, membre de la direction de Standing Together.
Ron Finer a fait plusieurs séjours de prison après avoir refusé de faire une période de réserve dans l’armée. Il a écrit un article de presse dans lequel il a exprimé son opinion selon laquelle l’orientation du gouvernement découle d’un système politique prêt à sacrifier les otages, les soldats et les civils à Gaza pour assurer sa survie politique.
Il indique que le combat de Standing Together « s’exprime de nombreuses façons et donne également de l’espoir aux gens, car nous créons une sorte d’alternative, nous les aidons à imaginer un autre avenir possible, qui n’est pas celui que nous voyons actuellement. Nous avons la capacité de mobiliser des foules pour des manifestations, des événements importants, des marches, de mener des actions qui perturbent le quotidien et qui empêchent les gens d’oublier la réalité, comme ce qui s’est passé samedi dernier, lorsque plusieurs militants, principalement issus du mouvement, ont fait irruption sur le plateau d’une émission de téléréalité parmi les plus regardées en Israël. »
Ron Finer précise que l’association est un « mouvement juif et arabe commun, nous luttons pour la paix, l’égalité et la justice sociale, et cela se manifeste de différentes manières, mais par exemple en cette période de guerre, notre combat principal en tant que mouvement qui aspire à la coexistence, à la paix et à l’égalité est de mettre fin à cette guerre le plus rapidement possible et immédiatement. (…)
Nous affirmons actuellement qu’il y a trois choses que chacun peut et doit faire pour mettre fin à la guerre, à savoir perturber, boycotter et saboter. Perturber, c’est faire des actions comme celles qui ont eu lieu dans le quartier.
Boycotter, c’est bien sûr se joindre à la grève du dimanche 17 août, et espérer qu’elle prendra de l’ampleur par la suite. Nous agissons aussi activement sur le terrain, et nous sommes déjà allés dans des commerces cette semaine et nous demandons aux commerçants de fermer leur commerce dimanche et nous disons que les soldats ne doivent pas servir. »
L’association Standing Together participe à toutes les manifestations sur ses propres mots d’ordre, brandissant des portraits d’enfants palestiniens massacrés par l’armée israélienne. Elle prend de l’ampleur et regroupe des militants Juifs aux expériences et profils variés, mais dont le point commun est de vouloir que cette guerre s’arrête.
Ron Finer termine notre entretien en parlant de l’avenir. Il considère que « nous sommes en fait dans une crise profonde et difficile, mais de telles situations peuvent aussi être source de croissance, elles peuvent motiver les gens à se battre, à résister, à proposer des alternatives.
Et maintenant, nous nous préparons pour la grève de dimanche j’espère qu’elle sera massive, et même si elle ne suffit pas, elle saura créer l’énergie et l’élan nécessaires pour mener une lutte encore plus forte, et nous aidera également à construire une base pour créer un avenir meilleur. »
L’émission Big Brother perturbée par des militants de Standing Together en prime timeParmi les actions les plus visibles de Standing Together, il y a eu l’envahissement dimanche d’un studio de la chaîne 13, en plein direct pendant l’émission « Big Brother » qui est la plus regardée en Israël. Cette initiative a fait grand bruit dans la société israélienne. Nous avons rencontré Ariel Dukelski, qui a participé à l’opération. Ariel, qui milite au sein de la section étudiante de Standing Together à l’université de Haïfa nous explique que son militantisme « s’est intensifié pendant la guerre à Gaza. Il y a quelques mois, nous avons manifesté à la frontière de Gaza et exigé la fin de la guerre. J’ai été arrêtée et j’ai passé plusieurs jours en prison avec neuf autres manifestants. » Elle précise la raison de sa participation à l’action sur la chaîne 13 : « Il est inconcevable que tout se passe bien pendant que les gens regardent “Big Brother” alors que la guerre, la famine et le massacre d’enfants se poursuivent à Gaza. Est-ce concevable au vu du génocide ? Et alors que des Israéliens sont retenus captifs à Gaza ? Nous voulons lutter dans la rue, mais sans violence, comme nous l’avons fait lorsque nous avons pris d’assaut la chaîne de télévision. Nous voulons bloquer les rues et lutter pour mettre fin à la guerre et à la famine à Gaza. Nous ne voulons pas attendre que l’Histadrout et les politiciens déclarent une grève. Nous lancerons la grève et les manifestations, et nous appelons donc la population à lutter sans violence. La vie ne peut pas continuer normalement alors que des gens meurent, que la guerre se poursuit à Gaza et que des Israéliens sont retenus captifs à Gaza. Tous les aspects de la vie dans le pays doivent être perturbés afin de mettre fin à la guerre. Même lorsque nous avons pris d’assaut la chaîne de télévision, le personnel et les producteurs se sont montrés solidaires avec nous. » À la question sur sa vision de la solution au conflit qu’Israël mène contre les Palestiniens, elle répond : « Je pense qu’il devrait y avoir une seule patrie et un seul État pour les Juifs et les Arabes, où chacun vit dans la paix, la sécurité et la justice sociale, et où chacun reste chez lui. C’est mon opinion personnelle, pas la position de “Standing Together”. » |
