Non aux classes Défense !

En 2026, le budget des armées sera supérieur de 4 milliards d’euros à celui de l’Éducation nationale ! La mission de l’école n’est pas de banaliser la guerre, mais de transmettre des connaissances !

Vu dans un livret scolaire distribué aux élèves de la classe défense du collège de Pouilly-en-Auxois (21).
Par Correspondants
Publié le 22 novembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

La semaine dernière, nous alertions en ouverture du journal sur la multiplication des classes à projet « classe défense et sécurité globale » dans différents départements depuis la rentrée de septembre. Multiplication des classes défense qui intervient dans un contexte où des milliards de coupes budgétaires vont une nouvelle fois affecter l’école, la Sécurité sociale et l’hôpital public.

En 2026, le budget des armées sera supérieur de 4 milliards d’euros à celui de l’Éducation nationale ! Et Macron vient de faire affaire avec Zelensky avec la vente de 100 avions Rafale. Nos correspondants nous ont adressé plusieurs informations illustrant la militarisation de l’école et de la jeunesse autour de ces « projets » mais aussi la résistance qui s’organise pour y faire échec.

Dans la Creuse, la direction académique se félicite de la mise en place d’une convention « classe défense et sécurité globale » entre la base aérienne de Cognac-Chateaubernard et le col lège de la commune de Saint-Vaury : « Pour le collège, cette convention représente une opportunité unique d’offrir aux élèves une ouverture sur des métiers peu connus, civils et militaires, tout en incarnant des valeurs fortes comme l’engagement, la discipline et la curiosité. Du côté de la base aérienne, ce partenariat s’inscrit dans une volonté de partager son expertise et d’inspirer les jeunes générations, notamment dans les domaines de la citoyenneté, du civisme et de l’esprit de défense. Ce partenariat s’inscrit également dans une dynamique plus large visant à créer des ponts entre le monde éducatif et les acteurs de la défense et de l’innovation. » La présentation a eu lieu en présence de plusieurs commandants de l’armée de l’air et des représentants de l’Éducation nationale.

• « Abandon des classes défense ! »

Extraits du communiqué de la FNEC FP FO de Côte-d’Or (17 novembre)

« Les dispositifs des classes défense, partenariat entre l’Éducation nationale et le ministère des Armées sont en pleine expansion (+ de 900 sur tout le territoire. Rien qu’en Côte-d’Or, leur nombre est passé de 9 en 2022 à 20 en 2025 ! Le plan Ambition jeunesse et armée signé par Macron en 2022 expliquerait la vitesse à laquelle se multiplient ces dispositifs.

Ces dispositifs se construisent sous couvert du “devoir de mémoire” ou de “valeurs républicaines”, et s’appuient sur les programmes scolaires.

Dans les faits on observe de grandes disparités. Ici le volontariat des familles est sollicité, ailleurs tous les élèves d’une classe sont concernés sans information préalable des parents. Ici on se borne à quelques conférences, ailleurs on organise des rallyes défense qui proposent des activités édifiantes (tir au laser, jeux où l’élève endosse le rôle d’un surveillant qui procède à une fouille de cellule, ou celui d’un gendarme mobile qui intervient dans une manifestation !).

Les conférences tenues par des gradés utilisent parfois comme supports pédagogiques des livrets de propagande qui sont financés, par des marchands d’armes (Safran, Dassaut, MBDA, Arquus…).

Dès lors, le Rectorat a beau jeu de prétendre qu’il “ne s’agit en aucune façon [de] militariser l’enseignement ou procéder subrepticement à du recrutement précoce”. Il est tout de même bien question de les “inviter à prendre part à la défense globale”, ce qui est en soi suffisamment explicite.

La Fnec FP FO 21 exige l’abandon des classes défense et de tous les dispositifs dont l’objectif réel est de pousser les jeunes vers les rangs de l’armée. La place de la jeunesse n’est pas dans des lieux d’embrigadement, mais à l’école, et la mission de l’école n’est pas de banaliser la guerre, mais de transmettre des connaissances. Que l’État lui en donne les moyens ! »

• Des classes défenses à l’école primaire !

Extraits du communiqué de l’union locale FO de Libourne : « NON à l’embrigadement de la jeunesse ! Non aux classes défenses dans les écoles primaires. »

« Alors que nous nous opposons déjà à la multiplication des classes défense dans les collèges et les lycées partout sur le territoire de Gironde, c’est maintenant dès l’école élémentaire que commence l’embrigadement. Avec l’UL FO de Libourne, le Snudi FO 33 dénonce le partenariat prévu entre l’Éducation nationale et la Marine nationale pour promouvoir l’armée dans 2 classes élémentaires de Libourne. C’est une première au niveau national : une classe défense avec des élèves de moins de 10 ans. Nous demandons de cesser immédiatement ce projet dont l’unique objet est de pousser les jeunes élèves vers les rangs de l’armée et les conditionner à « la défense de la patrie ».

• Vingt-deux élèves âgés de 12 à 15 ans font partie de la nouvelle escadrille air jeunesse de Taverny (95). Ils se sont vus remettre le calot, couvre-chef militaire, en signe d’intégration dans l’escadrille.