Contre Trump et ses soutiens, les peuples ne veulent pas de la guerre et du chaos

Selon un sondage publié par l’agence Reuters, seulement 21 % des Américains soutiennent l’intervention de Trump au Venezuela.

Caracas bombardé dans la nuit du 2 au 3 janvier. (AFP)
Par Yan Legoff
Publié le 7 janvier 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Caracas bombardé dans la nuit du 2 au 3 janvier, le président du Venezuela kidnappé par les forces spéciales de l’armée américaine, soutenues par un gigantesque déploiement naval au large des côtes du pays… Le président d’une nation souveraine, avec son épouse, est enlevé et exfiltré, menotté et affublé d’un masque, vers un tribunal fédéral de New York ! L’accusation de narcotrafic est un leurre grossier1Juan Orlando Hernandez, ex-président du Honduras, condamné en 2024 à 45 ans de prison pour avoir importé 400 tonnes de cocaïne aux États-Unis d’Amérique, a été gracié par Trump le 1er décembre 2025….

Et Trump d’annoncer dans la foulée que les États-Unis allaient « gouverner » le Venezuela, reprendre possession de son pétrole, tout en menaçant du même traitement la Colombie, Cuba, le Groënland…

« Onde de choc »

« Trump capture Maduro : l’onde de choc mondiale », lance sur sa une le journal français Le Figaro, exprimant la sidération des gouvernements du monde entier, sommés de s’aligner sur Washington. Ce coup de force inouï est à la mesure de la crise qui saisit Trump aux États-Unis même, confronté à un rejet grandissant, confirmé par le refus de son intervention militaire au Venezuela : selon un sondage publié par l’agence Reuters, seulement 21 % des Américains la soutiennent !

Sans surprise, le gouvernement génocidaire de Netanyahou, soutenu à bout de bras par les États-Unis, applaudit des deux mains l’opération : « Nous félicitons Donald Trump (…) et rendons également hommage aux forces armées américaines qui ont mené une opération parfaite », déclare celui qui, après avoir rasé la quasi-totalité de la bande de Gaza et exterminé ses habitants palestiniens, veut continuer à en interdire l’accès à des dizaines d’organisations humanitaires.

Emmanuel Macron n’est pas en reste. Silencieux pendant presque 12 heures, il finit par déclarer : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir » – un alignement total qui a fait tanguer certains jusque dans la macronie. Trump, quant à lui, relaye tout de suite le message de l’Élysée sur son réseau social.

En Europe, les gouvernements prennent bien soin d’accompagner leurs très timides et inconsistantes critiques de l’action militaire de Trump par une dénonciation du président vénézuélien, ce qui ne fait que valider hypocritement et honteusement le coup de force inouï de Washington. En France, la plupart des forces politiques, du Rassemblement national à la gauche, chacune à leur manière, font de même.

Appels à s’organiser

La France insoumise engage immédiatement la résistance, en appelant en quelques heures à des rassemblements dès le 3 janvier au soir. Place de la République, à Paris, Jean-Luc Mélenchon déclare : « Que notre pays s’abaisse devant l’Empire est inacceptable. Il faut exiger la libération et le retour immédiat de Nicolás Maduro et de son épouse au Venezuela. » Cela vaut aux insoumis une nouvelle campagne de calomnies.

Oui, la souveraineté des nations est un droit intangible, sans lequel il n’est aucune démocratie possible, et cela vaut bien évidemment pour le Venezuela. Ce n’est pas à Trump ni à tout autre de décider du sort de ce pays, mais au seul peuple vénézuélien !

Dans de très nombreux pays, au Venezuela même, en Italie, en Grande-Bretagne, y compris aux États-Unis, etc., des rassemblements, des manifestations sont également appelées dans l’urgence, notamment par les organisations parties prenantes du meeting international contre la guerre du 5 octobre dernier à Paris. Ils appellent à résister, à s’organiser pour défendre le peuple vénézuélien contre Trump et ses soutiens : c’est défendre tous les peuples contre la barbarie.

C’est la voie de l’avenir.

 

Médecins, paysans, etc., face au gouvernement Macron

Le coup de force de Trump est saisi par le gouvernement Macron pour accélérer la militarisation de la jeunesse et pour pousser à l’adoption rapide d’un budget de guerre, qui prévoit près de sept milliards de plus pour l’armement, alors que les services publics sont exsangues, que les intempéries, faute de personnels, paralysent des régions entières.

Face au gouvernement, les médecins se dressent contre une loi de financement de la Sécurité sociale qui bafoue leur droit de soigner en toute indépendance vis-à-vis des consignes comptables du gouvernement et qui restreint encore l’accès aux soins, étrangle les hôpitaux.

Les médecins de ville sont en grève massive et dénoncent une importante manifestation nationale.

De leur côté, les paysans n’ont pas dit leur dernier mot…