Palestine : le génocide se poursuit avec la complicité des gouvernements

Il y a les gesticulations de Trump et des gouvernements complices du génocide à Gaza pour leurs propres intérêts et il y a les faits.

À Jabalia, dans la bande de Gaza, le 18 janvier (photo Saeed M. M. T. Jaras, Anadolu via AFP).
Par Carlos Afonso
Publié le 24 janvier 2026
Temps de lecture : 3 minutes

La réalité, ce sont les 100 enfants tués à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, comme l’a rappelé le porte-parole de l’Unicef le 13 janvier. Ils ont été tués « par des frappes aériennes, des frappes de drones, y compris des drones kamikazes. Ils sont tués par des tirs de chars. Ils sont tués par des balles réelles. »

La réalité, c’est l’alerte récente d’un observateur international sur les dysfonctionnements liés à l’acheminement de l’aide humanitaire par le Centre de coordination civilo-militaire créé par l’administration américaine, « un centre de planification militaire qui n’améliore pas la situation des Palestiniens » mais qui est, dans les faits, instrumentalisé par le gouvernement de Netanyahou et les États-Unis (Franceinfo, 14 janvier).

Le 20 janvier, on apprend que des bulldozers israéliens ont abattu en toute impunité des bâtiments du siège de l’Unrwa1Unrwa : Office de secours et des travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. à Jérusalem-Est, dans un contexte où l’ONG américaine Physicians for Human Rights (PHR, Médecins pour les droits humains) et PHR Israël ont publié le 14 janvier des rapports qui ciblent les « violences reproductives » commises par l’armée israélienne à Gaza. La famine organisée, les attaques contre les structures permettant de soigner la population, ont dévasté « la capacité reproductive des Palestiniennes de Gaza. » Le Monde relaie des témoignages recueillis par l’ONG B’Tselem sur des violences sexuelles récurrentes dans les prisons israéliennes (20 janvier).

La réalité, c’est l’hypocrisie des gouvernements qui, comme en France, communiquent tambour battant qu’ils expédient 383 tonnes de vivres pour la population de Gaza, alors que 36 ONG ont été expulsées par Netanyahou. Les mêmes gouvernements n’ont cessé, États-Unis en tête, l’exportation d’armes à destination de l’État génocidaire.

La complicité à l’égard de Netanyahou a encore permis à ce dernier de bombarder de nouveau le sud et le centre de Gaza, le sud du Liban et de kidnapper des habitants dans le sud de la Syrie. Elle permet qu’en Cisjordanie, les violences des colons s’intensifient.

C’est contre la poursuite du génocide que plus de 300 000 personnes en Europe ont signé une pétition pour la suspension totale de l’accord d’association UE-Israël. Des rassemblements, des manifestations continuent d’avoir lieu toutes les semaines contre le génocide à Gaza, contre les gouvernements complices.

Le « conseil de la paix » de Trump pour écraser les Palestiniens

L’administration Trump vient d’annoncer l’entrée en vigueur de la deuxième phase du « cessez-le-feu » dans la bande de Gaza. Sa première étape, lancée il y a 3 mois, visait à mettre en œuvre un plan en 20 points imposé par Donald Trump et validé par l’Onu, pour stopper immédiatement les combats, faciliter l’échange de prisonniers et notamment permettre l’entrée intégrale de l’aide humanitaire.

En dehors de quelques réalisations destinées aux médias, la plupart des objectifs du plan Trump ne se sont jamais concrétisés et l’armée israélienne a poursuivi ses exactions.

Alors que plus d’un dixième de la population de Gaza a été tué ou blessée par l’armée génocidaire israélienne, que plus de 80 % des bâtiments y ont été détruits et que deux millions de personnes ont été déplacées, ce sont précisément les puissances qui ont financé, armé et justifié la destruction qui s’arrogent le droit d’évoquer la paix.

Dans la composition du « Board of Peace » (Conseil de la paix) de Trump, on trouve notamment Tony Blair, coarchitecte de la guerre d’Irak, complice de crimes de guerre ; Jared Kushner, gendre de Trump ; Marco Rubio, secrétaire d’État américain et plusieurs financiers et promoteurs immobiliers. Leur nomination à un organe censé construire la paix revient à confier l’extinction d’un incendie à un pompier pyromane.

La charte du Conseil, révélée par le journal israélien Haaretz, le présente comme un organe appelé à concurrencer l’Onu. Il serait présidé personnellement par Trump et doté du pouvoir de superviser un gouvernement « technocratique » palestinien et une force internationale censée stabiliser l’enclave. Tony Blair a salué ces dispositions comme un « triomphe diplomatique » de Trump.

Le plan de Trump ne peut être séparé de la poursuite de la guerre

Sur le terrain, où le génocide se poursuit avec les immenses privations subies par les Palestiniens et des bombardements réguliers, le plan ne peut être séparé de la poursuite de la guerre. Le journal israélien Maariv, a expliqué que les dirigeants israéliens jugent impossible toute gouvernance civile tant que la « réalité militaire » n’aura pas été modifiée, ce qui signifie démanteler par la force le contrôle du Hamas avant toute administration technocratique ou force internationale.