Macron abaisse de 58 % la contribution de la France au Fonds mondial contre le sida

La France était jusqu’alors deuxième contributrice de l’organisation internationale. Les associations dénoncent un abandon qui causera des millions de morts.

Veille pour la journée mondiale de lutte contre le Sida à Katmandou (Népal), le 3 novembre 2025 (photo AFP).
Par Julien Ruch
Publié le 8 mars 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Les 12 et 13 février 2026, s’est tenu à Genève le dernier conseil d’administration du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (fondation chargée de collecter les financements de donateurs publics et privés pour financer la prévention et les traitements pour les malades dans le monde).

Alors que la France était jusqu’ici le deuxième contributeur du Fonds mondial, elle y a annoncé une contribution de 660 millions d’euros pour le plan triennal 2026-2028, soit une réduction de près de 58,6 % par rapport à sa précédente contribution, selon Franceinfo.

Au total, le Fonds mondial a récolté cette année 4 milliards de moins que pour son précédent plan triennal (11,3 milliards en 2025 contre 15 milliards en 2022).

Une décision critiquée par les associations

Dans un communiqué commun, les associations de lutte contre le sida dénoncent « un abandon des malades, de la santé mondiale et de la lutte contre les épidémies les plus meurtrières du monde », qui « sape toute crédibilité diplomatique de la France en santé ».

« Nous sommes révoltés par cette démission de la France vis-à-vis des malades, de ses engagements internationaux et de la coopération multilatérale. Les coupes passées produisent déjà des effets dévastateurs dans les pays partenaires. La France abandonne et met à mort des millions de personnes », déplore Camille Spire, présidente d’Aides et porte-parole de l’ensemble des organisations.

Le gouvernement se défend en imputant la responsabilité de ses coupes budgétaires aux parlementaires, alors même que la fixation des lignes budgétaires relève de la seule responsabilité de l’exécutif et que la politique étrangère fait partie du domaine réservé du président de la République.

Il faut également rappeler que ce budget a de toute manière été adopté sans vote du Parlement, par le recours à l’article 49.3, et avec la bénédiction du PS.

Dans les pas de Donald Trump

Ce choix est d’autant plus consternant qu’il intervient tout juste un an après la décision de Donald Trump de geler brutalement les financements de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) et du Pepfar (Plan présidentiel d’urgence de lutte contre le sida), les deux structures les plus importantes dans la lutte mondiale contre le sida et les grandes pandémies, alors même que les États-Unis sont historiquement le premier pays contributeur à l’aide internationale contre le sida.

En écho à cette décision, la plupart des grands donateurs (Royaume-Uni, Japon, Allemagne, Suède, Commission européenne) ont diminué en 2025 leurs contributions, et Macron marche ici pleinement dans les pas de Donald Trump. Si des pays comme l’Espagne ou le Luxembourg ont augmenté leur part, cela ne suffit pas à compenser et le Fonds mondial a d’ores et déjà été forcé à réduire ses coûts opérationnels de 20 %, y compris parmi ses employés.