Grèce : les jeunes appelés refusent la guerre

« Nous exigeons qu’ici même, toutes les bases étrangères soient fermées, et dès maintenant. Notre pays ne doit participer à cette guerre en aucune façon ». Déclaration du Comité des soldats du Centre d’entraînement des forces spéciales (KEED).

Des soldats se joignent aux manifestants qui défilent vers l'ambassade des États-Unis à Athènes le 17 novembre 2021, lors d'un rassemblement marquant le 48e anniversaire du soulèvement de l'École polytechnique d'Athènes de 1973 contre la junte militaire (photo AFP).
Par Déclaration
Publié le 30 mars 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Voici un appel qui circule en Grèce en ce moment. Il a une certaine importance au moment où le gouvernement grec Mitsotakis, comme les gouvernements européens (à l’exception du Premier ministre Sanchez d’Espagne), engage son armée dans l’agression monstrueuse menée par les USA et Israël.

En Grèce, l’armée est majoritairement composée d’appelés, le service militaire est obligatoire. Il est fréquent que des soldats, en uniforme, participent à des manifestations politiques. C’est le cas chaque 17 novembre, date anniversaire de la répression du régime des colonels contre le soulèvement des étudiants en 1973.

« Camarades soldats, après le bombardement de l’Iran par les États-Unis et Israël, la guerre s’intensifie dangereusement, ouvrant la boîte de Pandore dans toute la région du Moyen-Orient et dans la nôtre.

Il n’y a pas de place pour l’indifférence, la complaisance, l’attentisme.

Les fumées de la guerre ont recouvert notre voisinage et atteint nos frontières. Notre peuple est déjà dans l’œil du cyclone.

Les bases américaines, à Souda, Alexandroupolis, Larissa et ailleurs, font de notre pays une cible dans cette guerre.

C’est pourquoi nous exigeons qu’ici même, toutes les bases étrangères soient fermées, et dès maintenant.

Notre pays ne doit participer à cette guerre en aucune façon.

L’utilisation de nos aéroports, de nos ports, de nos installations militaires, de notre armement pour servir les plans meurtriers des États-Unis, de l’Otan, d’Israël, contre d’autres peuples, augmente considérablement les dangers pour notre peuple et notre pays.

Nous demandons :

– Le retour des frégates, des F-16, des batteries de missiles Patriot, ainsi que le retour des officiers et sous-officiers opérant hors des frontières, pour stopper toute participation à la guerre ;

– Aucune implication des forces armées grecques, de leur personnel, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Grèce, dans la guerre menée par les États-Unis et l’Otan !

La guerre est déjà exploitée par les monopoles, tout le système capitaliste pour augmenter leurs profits, avec des prix qui ne cessent d’augmenter, créant de graves problèmes pour le peuple mais surtout pour nous qui faisons notre service militaire.

Pour toutes ces raisons, nous, soldats servant au sein du KEED, comme nous en avons pleinement le droit, formons un comité mixte afin de traiter les problèmes engendrés par cette guerre dévastatrice, qui est désormais un fléau pour nous et nos familles. Dans toutes les préfectures et toutes les bases, nous mettons en place des comités similaires. Nous considérons qu’il s’agit de notre devoir et nous le proposons à tous les soldats.

En outre, en tant que comité, nous exigeons des administrations d’avoir des informations officielles sur le développement de la guerre. Nous exigeons la fermeture des bases étrangères afin de ne pas devenir une cible.

Nous appelons chaque soldat qui est d’accord avec nos propositions à se joindre à nos efforts. »