Bolivie > Un peuple contre l’impérialisme ! Malgré l’intensification de la répression, les manifestants ne reculent pas
Depuis plus d’un mois et demi, une rébellion populaire paralyse la Bolivie. Ouvriers, paysans, mineurs, transporteurs, enseignants et peuples autochtones multiplient barrages routiers, grèves et manifestations pour faire pression sur le gouvernement de droite de Rodrigo Paz.
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Une rébellion populaire qui dure déjà depuis 45 jours paralyse la Bolivie. Ouvriers, paysans, mineurs, transporteurs, peuples autochtones et enseignants font pression sur le gouvernement de droite de Rodrigo Paz à travers des dizaines de barrages routiers dans les principales villes du pays, des manifestations de rue et des grèves.
Initialement motivées par la détérioration des conditions économiques et la hausse du coût de la vie, les mobilisations ont évolué vers une revendication politique centrale : la démission du président. À La Paz, siège du gouvernement, et dans la ville voisine d’El Alto, les prix des denrées alimentaires ont doublé sur les marchés. De longues files d’attente se forment aussi bien dans les marchés que dans les stations-service, tandis que les hôpitaux sont confrontés à une pénurie de médicaments.
Un gouvernement servile envers les États-Unis
Le gouvernement bolivien, allié des États-Unis, accuse l’ancien président Evo Morales d’être à l’origine des importantes manifestations qui, selon la dénonciation adressée à l’Organisation des États américains (OEA), viseraient à « altérer l’ordre démocratique ».
Au cours des dernières semaines, plusieurs dirigeants syndicaux et responsables impliqués dans les mobilisations réclamant la démission du président Rodrigo Paz ont été arrêtés. La Centrale ouvrière bolivienne (COB), principale organisation syndicale du pays, a dénoncé une « chasse aux dirigeants » et accusé le gouvernement d’utiliser les forces de police pour démanteler la direction du mouvement de protestation.
Selon l’organisation, plusieurs représentants syndicaux ont été arrêtés lors d’opérations menées par des agents en civil, souvent sans présentation immédiate de mandats judiciaires.
Répression
Parmi les cas ayant suscité le plus d’émotion figure l’arrestation de cinq dirigeants nationaux de la COB à El Alto. L’organisation a affirmé que ses représentants avaient été interceptés par des hommes cagoulés et armés avant d’être conduits dans des locaux de police.
Parmi les personnes arrêtées figuraient des représentants des secteurs du bâtiment, de l’enseignement, de l’industrie manufacturière, des universités et des mines.
Outre les dirigeants syndicaux, des responsables paysans et communautaires ont également été visés par les actions gouvernementales. Le dirigeant communautaire Justino Apaza, l’un des principaux responsables de la Fédération départementale des conseils de quartier de La Paz, a été placé en détention provisoire sous des accusations comprenant l’incitation publique, l’association criminelle et le terrorisme.
D’autres dirigeants liés aux mouvements paysans et autochtones ont signalé des poursuites judiciaires et le risque de nouvelles arrestations.
Intervention des forces armées et « narcoterrorisme »
Les manifestants exigent la démission immédiate du président. Cependant, déterminé à rester en fonction, Rodrigo Paz a promulgué la loi de réglementation des états d’exception n° 1740.
Au pouvoir depuis sept mois, il est désormais autorisé à recourir aux forces militaires pour contenir les protestations et à restreindre les libertés de réunion et de circulation.
Lors de la promulgation de la loi, dans une allocution officielle, il a affirmé que les groupes les plus violents appartenaient à des organisations criminelles liées au trafic de drogue.
Suivant fidèlement la doctrine du trumpisme et du « Bouclier des Amériques1Coalition militaire et sécuritaire régionale lancée par Trump en mars 2026, entre gouvernements alignés sur Washington. Elle entend lutter contre le « trafic de drogue et le crime organisé » mais aussi contrer la présence de la Chine en Amérique latine. » dont il est signataire, il était entouré lors de cette annonce non seulement des ministres du gouvernement, mais aussi des plus hauts responsables militaires et policiers.
Confiant dans le soutien de la minorité qui contrôle les richesses du pays, laquelle réclame un renforcement de la répression, ainsi que dans l’appui inconditionnel du gouvernement des États-Unis, le gouvernement estime disposer de la force nécessaire pour contenir le mouvement.
Le peuple reste dans la rue
La COB et les organisations populaires affirment que les accusations de terrorisme et d’association criminelle visent à criminaliser le droit de manifester. Pour les syndicats, les arrestations constituent une tentative de désarticuler politiquement le mouvement qui dirige les protestations et d’affaiblir la résistance au gouvernement.
Malgré l’offensive du gouvernement Paz, les mobilisations se poursuivent. La COB a déclaré qu’elle n’avait pas l’intention de reculer et qu’elle maintiendrait les manifestations jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites.
Dans certaines régions, les barrages routiers restent en place tandis que de nouvelles marches sont organisées.
Il est urgent que les organisations syndicales, populaires et les partis politiques, ainsi que le gouvernement de Luiz Inacio Lula da Silva, condamnent la répression des manifestations et les arrestations arbitraires de dirigeants syndicaux et populaires.
Nous devons organiser des actions de solidarité et des manifestations de soutien à la lutte du peuple bolivien pour la défense de sa souveraineté contre l’impérialisme et contre laæ marionnette de celui-ci : le gouvernement de Rodrigo Paz.
