La seconde révolution de la mécanique quantique

Comment le monde d’aujourd’hui s’empare-t-il de cette formidable avancée de la science ?

Les lauréats 2022 du prix Nobel de physique Alain Aspect, John F. Clauser and Anton Zeilinger lors d'une conférence de presse à Stockholm, le 7 décembre (photo Eva Manhart via AFP).
Par Bernard Rougé
Publié le 15 décembre 2022
Temps de lecture : 6 minutes

Le prix Nobel de physique 2022 a été attribué au Français Alain Aspect, à l’Américain John F. Clauser et à l’Autrichien Anton Zeilinger, pour leurs découvertes sur l’intrication quantique.

Ce prix décerné pour le passage à cette seconde révolution quantique donne l’occasion de revenir sur la portée déjà immense de la mécanique quantique.

La première révolution quantique a donné notamment les bases de la construction des calculateurs avec les transistors ; la seconde s’apprête avec l’ordinateur quantique à faire un saut encore plus gigantesque dans la capacité de calcul avec l’utilisation de l’intrication, pour laquelle ce prix Nobel est décerné.

Mais c’est également l’occasion de revenir sur utilisation frauduleuse de la science et tout particulièrement de la mécanique quantique.

De quoi s’agit-il ?

Ce trio est récompensé pour ses découvertes sur l’intrication quantique, un mécanisme où deux particules issues d’une même source sont parfaitement corrélées, quelle que soit la distance qui les sépare. Une action réalisée sur l’une de ces particules a un effet instantané sur l’autre. Ce niveau de corrélation sépare les phénomènes quantiques des phénomènes sensibles, puisqu’en mécanique quantique, cause et effet peuvent être simultanés. C’est cette propriété qui ouvre la voie à partir des années 1960 à la seconde révolution quantique.

Des applications très importantes dans le domaine de l'information

La première révolution quantique débute, elle, avec les années 1930 par les découvertes de Shrödinger et Heisenberg. Elle permet d’expliquer la matière grâce à la richesse de la dualité onde-corpuscule des particules quantiques.

L’intrication qui est une autre propriété encore plus surprenante est évoquée dès 1935 comme éventualité par Albert Einstein et deux collaborateurs. Une formulation théorique caractérisant cette propriété sera formulée par John S. Bell sous la forme d’inégalités en 1964. Alain Aspect en fera la vérification expérimentale complète au début des années 1980 en affinant les travaux de John F. Clauser, (…)


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