Au nom des femmes ?
Le 13 décembre, Adrien Quatennens a été condamné à 4 mois avec sursis par le tribunal de Lille. Il pouvait, comme d’autres, nier, se débrouiller pour ne pas rendre des comptes. Beaucoup l’ont fait. Et avec un certain succès. On savait d’avance, lui le premier, qu’il ne bénéficierait d’aucune indulgence.
- France, LFI

Or, il n’a pas fait comme les autres ! Il n’a pas nié ! A peine a-t-il pris la parole pour prendre acte de sa condamnation que Sandrine Rousseau s’est dressée.
En septembre, elle voulait qu’il s’en aille. Elle veut toujours qu’il s’en aille : « Il y a besoin d’un temps, de l’humilité, de mots envers son ex-femme, une reconnaissance des violences commises… Là, on grille les étapes ».
Mais n’a-t-il pas reconnu les violences ? Si.
Mais ce que veut Madame Rousseau, c’est qu’il s’en aille ! Qu’il abandonne tous ses mandats !
C’est pourquoi, sur LCI, elle regrette « une entreprise de blanchiment ». Pourquoi parler de « blanchiment » alors qu’il a reconnu les faits que le tribunal a ensuite sanctionnés ? Madame Rousseau est-elle contrariée qu’Adrien Quatennens ait reconnu ce qu’il avait fait ?
Elle déplore une « minimisation » des cas de violences faites aux femmes. Ce n’est pas faux. Mais, précisément, Adrien Quatennens a reconnu ce qu’il a fait ! Pourquoi refuser d’en tenir compte ?
Selon elle, après « la sanction, la réparation », doit venir le temps de la « réhabilitation ». Le mot est lâché. Qui décide de la réhabilitation ? Elle-même bien sûr. C’est elle, la juge ! Selon quels critères ? « Dans son interview, j’ai quand même entendu d’autres mots qui me font dire qu’il y avait quand même climat de violence ». Quand même !
Oui, elle est à la fois la procureure et la juge. Elle est le grand inquisiteur ! C’est elle qui prononce les réhabilitations ou les excommunications (cf. post-scriptum ci-dessous).
Et cela sur mandat de qui ? Des femmes ?
De celles qui se demandent comment elles vont passer la semaine ? De celles qui se battent pour leurs droits de salariées ? De celles qui participent et ont participé aux combats pour arracher et garder des droits concrets, réels contre la double exploitation ?
La cause des femmes n’a que faire de victimes expiatoires ! Elle n’a que faire d’effets de manche. Elle n’a que faire de vengeance. Les questions sont concrètes : où est l’hébergement d’urgence ? Où sont les crèches ? Où sont les garderies ? Où sont les services publics ? Où sont les droits ?
Des millions de femmes sont contraintes à une double journée de travail épuisante par manque de services publics dignes de ce nom, c’est-à-dire gratuits ! Des centaines de milliers sont exposées aux violences par des conditions d’existence catastrophiques.
Parlant de la Révolution, Engels a très bien expliqué, dans « L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat » (1884), que : « l’économie domestique privée se transforme en industrie sociale. L’entretien et l’éducation des enfants deviennent une affaire publique ; la société prend également soin de tous les enfants qu’ils soient légitimes ou naturels ».
Nicole Bernard
Post scriptumLundi 26 décembre, le journal Le Monde publie une tribune de mille militantes et militants LFI et NUPES exigeant l’exclusion d’Adrien Quatennens. Madame Rousseau s’en félicite immédiatement en qualifiant cette tribune de « forte ». Comme c’est « fort » d’exiger l’exclusion de celui qui a reconnu les faits ! Comme c’est courageux ! Donnons la parole à quelques un(e)s qui ont réagi par tweet : – « Ce qui est très fort, c’est de tourner en boucle là-dessus pendant que les français crèvent de faim et voient détruire toutes leurs conquêtes sociales » ; – « Forte ? Et bien, si c’est là nos propositions pour agir contre les violences sexistes et sexuelles, on est très loin du « faites mieux » ; – « Occupez-vous des préoccupations des français plutôt que d’abattre un des vôtres ». Et il y en a des centaines comme cela ! |
