Un décret s’attaque à la prise en charge à 100 % des maladies graves

Les médicaments jugés « peu efficaces » ne seront plus remboursés. Pour commencer…

(Gregory Dziedzich / Hans Lucas via AFP)
Par Nicoles Bernard
Publié le 1 mai 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Le budget des armées est déjà passé de 32,7 milliards en 2017 à 57,1 milliards (sans les pensions) en 2026. Presque le double. Et ce n’est qu’un début : à partir du 4 mai, l’Assemblée nationale va discuter d’une rallonge à ce budget. Sans attendre, le gouvernement a annoncé le gel de 6 milliards d’euros pour cette année sur toutes les autres dépenses : pour 2 de ces 6 milliards, l’argent a déjà été trouvé. Ce sont les malades qui vont payer.

Le budget de la Sécurité sociale a été adopté par la volonté du PS le 16 décembre 2025. Qui ne se souvient de l’autosatisfaction du député PS Jérôme Guedj assurant que le vote de son parti sur le budget de la Sécurité sociale protégeait la population : « Notre méthode opiniâtre porte ses fruits » ?

Quatre mois après, ce 17 avril, le gouvernement soutenu par Jérôme Guedj a signé un décret.

Ce décret remet en cause les droits de certains assurés au remboursement à 100 %. À compter du 1er octobre 2026, les 14 millions d’assurés souffrant d’une maladie grave ne seront plus à 100 % quand le médecin prescrira un médicament jugé « peu efficace » pour la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), dont le seul critère est le coût ! Pour être à 100 %, il faudra, désormais, prendre les médicaments conseillés par la CNAM.

Une ministre de la Santé devenue… ministre de la guerre

De plus, à compter du 1er octobre 2026, les assurés titulaires d’une rente accident du travail ne bénéficieront plus du 100 % pour leurs enfants.

Leur vie a été bouleversée par un accident du travail. Qu’importe à nos fauteurs de guerre ! Il n’y a pas de raison qu’ils ne payent pas pour leurs enfants !

Cela fait longtemps que les gouvernements successifs trouvent que le 100 % coûte trop cher ! 20 % des assurés sont à 100 % et leur nombre augmente, parce que la Sécurité sociale a constaté que, atteints d’une maladie grave, ils ne pouvaient faire face aux dépenses sauf à renoncer à se soigner.

C’est pour cela que la Sécurité sociale a été faite : pour garantir que personne ne renonce à se soigner pour raison financière.

Ce n’est pas le point de vue de l’ancienne ministre de la Santé, Catherine Vautrin, qui s’interrogeait : « Est-ce que sortent d’affection de longue durée (remboursée 100 %) tous ceux qui doivent en sortir ? » Elle est maintenant ministre de la guerre. Et elle veut l’argent qui sert aujourd’hui aux malades.