Toulon : reportage dans le rassemblement contre le Toulon Defense Event, près de 1000 manifestants contre les milliards pour l’armement

Jeudi 23 avril se tenait à Toulon le Toulon Defense Event auquel le ministre du Travail a donné la couleur en s’affichant avec la nouvelle générale des armées chargée de faire le lien entre France Travail et le secteur militaire...

Lors du rassemblement à Toulon, le 23 avril 2026. (Correspondant)
Par Correspondants
Publié le 30 avril 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Jeudi 23 avril se tenait à Toulon le Toulon Defense Event auquel le ministre du Travail a donné la couleur en s’affichant avec la nouvelle générale des armées chargée de faire le lien entre France Travail et le secteur militaire. Alertées, plusieurs organisations syndicales, notamment la CGT PACA et les syndicats FO de l’enseignement dans le Var, rejoints par les jeunes de la France insoumise, ont organisé un rassemblement pour dénoncer la marche à la guerre et la militarisation de la société qui l’accompagne.

Plusieurs centaines, 600, 800 ? et même 1 000 selon le journal La Marseillaise… La place d’Armes, située proche du palais des sports où se déroule le Toulon Defense Event, est rouge des chasubles CGT, ponctuée d’autres, telles que celles de la FNEC FP-FO, et de quelques drapeaux LFI.

Sur le plateau aménagé avec deux camions, le secrétaire général de l’union départementale CGT du Var énumère les délégations CGT venues de toute la région : syndicats, fédérations, UD. Il fait remarquer « la présence aussi de représentants politiques et associatifs », sans les nommer.

Les interventions se succèdent, toutes applaudies, en particulier chaque fois que sont évoqués le refus de la guerre, la condamnation des politiques guerrières, le refus que la jeunesse y soit entraînée. Plusieurs condamnent les menaces de mort contre le secrétaire général de l’union locale CGT de Toulon… mais sans le nommer, ni l’inviter à la tribune.

Dans la foule, des militants de tout âge, de différentes corporations, publiques et privées.

Valérie, qui travaille dans un supermarché Lidl, dit être là « avant tout pour refuser que nos enfants – j’ai des petits-enfants – soient tués pour des intérêts de gens qui n’ont qu’un but, s’enrichir par la guerre ».

Valentin, syndicaliste CGT à l’AIA (Atelier industriel de l’aéronautique) de Cuers, estime que sa présence, c’est « plus généralement contre toutes les politiques de Macron, pas seulement sa marche à la guerre, mais tout cet endoctrinement de la jeunesse et de toute la population pour qu’elle accepte la destruction des écoles ou des hôpitaux. Donc c’est bien ce qu’on fait aujourd’hui, je suis à la CGT, mais j’estime que la confédération, Binet, n’appellent pas au combat contre tout ça, je pense que la situation exige une riposte plus ferme, plus nette, qu’une seule action comme aujourd’hui. Pourquoi la confédération n’appelle-t-elle pas à généraliser ce type d’initiative dans toute la France ? »

Cyril, secrétaire général CGT de l’AIA, explique, après son intervention à la tribune, que son entreprise « qui entretient les aéronefs de la Marine nationale, sait très bien aussi réparer et entretenir d’autres aéronefs, comme les bombardiers d’eau, qui manquent cruellement à chaque incendie, donc ça suffit les avions pour la guerre, il faut des avions pour préserver les populations des risques, dont les incendies ».

Olivier, secrétaire général de la section CGT varoise de France Travail, revient sur le discours qu’il a prononcé, comme premier intervenant, à la tribune : « Ce qui nous a alerté, c’est la nomination d’un général à France Travail, car là, cela signifie un basculement dans nos métiers, en cherchant à faire de nous les recruteurs pour la guerre. Nous avons immédiatement contacté l’union départementale pour leur dire qu’une réaction était nécessaire ».

Céline, secrétaire générale adjointe CGT à France Travail, précise les conditions de cette interpellation des instances CGT : « Toulon Defense Event, ce n’est pas le premier, on a déjà été impliqué dans cette opération médiatique pour l’emploi, mais là, il s’agit d’introduire dans nos rangs un militaire chargé de recruter pour la guerre, ouvertement en lien avec le contexte international marqué par la généralisation de la guerre, sur tous les continents. »

David, syndicaliste FO à l’université de Toulon-La Garde, explique que les enseignants-chercheurs sont de plus en plus sollicités pour établir des contrats de recherche avec des industriels de l’armement : « On manque de moyens à tous les niveaux, enseignants, entretien de locaux, mais la direction nous explique que si on veut de l’argent, il faut aller le chercher non pas dans les caisses de l’État, mais avec des projets “fléchés” industriels de l’armement ».

Élodie, secrétaire générale CGT dans l’Éducation nationale, précise que sa présence dans ce meeting, « c’est pour refuser que les missions de l’école, qui sont de fournir à la jeunesse la capacité de comprendre le monde, se transforment en machine à introduire une acculturation, celle de l’armée, celle de l’obéissance aux ordres, et de plus, pour tuer ou se faire tuer ! »

Giovanni, élève au collège Cousteau de La Garde, dit qu’il passait par là et a vu ce rassemblement, « alors je suis venu, car je suis contre la guerre, mais aussi contre tout ce que fait le capitalisme, et j’ai envie de m’engager dans ce combat ».

Dans une situation où la question des budgets militaires, mais également de la volonté du gouvernement de caporaliser la société par la loi et étouffer toute revendication sous prétexte de défense, ce rassemblement marque une étape conséquente de résistance.