À nouveau, un lycéen meurt pendant son stage en entreprise
Vendredi 17 avril, Calvin, un lycéen de 15 ans, est mort, écrasé sous le poids du chariot élévateur qu’il conduisait. Il effectuait son stage de seconde dans une entreprise de matériaux de construction du Gard.
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Vendredi 17 avril, Calvin, un lycéen de 15 ans, est mort, écrasé sous le poids du chariot élévateur qu’il conduisait. Il effectuait son stage de seconde dans une entreprise de matériaux de construction du Gard. En 2025, cinq autres jeunes stagiaires sont morts dans des circonstances similaires, victime d’une politique criminelle due aux gouvernements successifs.
Après ce nouveau drame affreux, la réaction du ministre de l’Éducation nationale de Macron donne la nausée : « Les stages d’observation de 3e et de 2de sont un levier puissant d’égalité des chances. Ils permettent à chaque élève de découvrir le monde professionnel, d’élargir ses horizons et de construire son orientation », déclare dans un tweet Édouard Geffray (23 avril).
Comme l’ont relevé plusieurs syndicats d’enseignants, réclamant l’abrogation pure et simple de ces stages, la place des collégiens et des lycéens est dans leur classe, pas en entreprise !
Comment ne pas relever le caractère révoltant des stages obligatoires pour les élèves ? Ce ne sont pas les enfants des ministres qui se retrouvent en stage écrasés sous des palettes, une poutre ou un chariot élévateur. On connaît en plus la difficulté à trouver un stage, particulièrement quand on est adolescent. Ceux qui n’ont pas les parents, avec les bons réseaux pour leur ouvrir un choix, prennent ce qui reste.
Déjà en décembre dernier, Arnaud Darthenay, père d’un fils mort en juin 2025 en stage de seconde car écrasé sous des palettes l’expliquait : « Les stages ont été mis en place juste pour occuper les enfants pendant les 15 jours du bac », période où les lycées servent de centres d’examens, et où les élèves de seconde et de première se retrouvent souvent sans cours.
Il faut aussi dire que les gouvernements successifs ont diminué sans cesse les heures d’enseignement, au collège comme au lycée, pour que les jeunes passent de moins en moins de temps en cours et de plus en plus en entreprise.
Ces stagiaires ont en plus « l’avantage » de ne pas être payés.
Le gouvernement envoie les lycéens pour être de la chair à patron et dans le même mouvement, il les prépare à devenir de la chair à canon. Faudrait-il s’habituer à voir des jeunes mourir, dans les tranchées ou sous le toit d’une usine ? Le silence du gouvernement, l’inaction du ministre de l’Éducation face à ces morts en stage est le pendant de la politique macronienne de militarisation de la jeunesse.
Combattre cette inquiétante dérive est indissociable du combat contre la militarisation de l’enseignement.
Nous, les jeunes, nous n’acceptons pas de mourir à la guerre comme le voudrait le général Fabien Mandon. Nous n’acceptons pas plus de mourir dans ces stages inutiles !
Stages de 3e en entreprises : des années 1980 à aujourd’huiLe stage de 3e est un legs de l’ère mitterrandienne, au début des années 1980. Alain Savary, sous les gouvernements de Pierre Mauroy, puis Jean-Pierre Chevènement, sous le gouvernement de Laurent Fabius, ont orienté les collégiens vers la professionnalisation. L’expérience avait été commencée en 1982. Prétextant un taux de chômage de 13 % dans les Ardennes, un chef d’établissement de ce département a mis en place une expérimentation destinée à aider à la professionnalisation des élèves. Il s’est associé à des chefs d’entreprises locaux. Des élèves de 3e se sont donc retrouvés à l’usine. En 1984, le Premier ministre Laurent Fabius appelait à ce que « l’école tout entière s’ouvre vers le monde de l’entreprise ». Ce dernier appelait alors au jumelage de tous les collèges et lycées avec une entreprise. En 1989, la loi Jospin (alors ministre de l’Éducation nationale) a ouvert « à l’initiative des établissements scolaires et sous leur responsabilité, des périodes de formation dans des entreprises ». La politique du PS en la matière a été tant appréciée par la droite que la présence en milieu professionnelle est renforcée par décret en 1996 par François Bayrou sous le gouvernement Juppé II. Enfin, Gilles de Robien sous le gouvernement de Dominique de Villepin, a rendu ces stages de troisième carrément obligatoires. C’est dans cette continuité qu’en 2024, Gabriel Attal alors ministre de l’Éducation nationale, décrète qu’en plus du stage de 3e, les élèves de seconde doivent effectuer un stage de deux semaines. |
