Quand 60 000 individus déchaînent la barbarie contre 8 milliards d’êtres humains

Ces guerres qui frappent tous les continents se généralisent à l’échelle mondiale comme une nécessité pour la survie du système capitaliste mondial.

Le porte-avions de l'armée américaine, USS Gerald R. Ford, le 26 février 2026. (Costas Metaxakis via AFP)
Par Lucien Gauthier
Publié le 30 avril 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Négociations? Pas de négociations? Réunions annulées… Voilà ce qu’il en est des rapports entre l’Iran et les États-Unis. Pour l’instant le cessez-le-feu est maintenu, mais la mobilisation militaire des États-Unis est considérable. Les menaces, des deux côtés, se multiplient.

La plus grande confusion règne à l’échelle mondiale, qui plonge ses racines dans les contradictions à Washington. Mais cela ne signifie pas pour autant que Trump et l’impérialisme américain n’auraient pas d’objectifs. Ils en ont bien un.

« America first »

Les États-Unis entendent défendre leur position mondiale qui est menacée et déstabilisée. Cette volonté américaine exige de réduire la position des autres puissances mondiales.

Depuis près d’un an, le président Trump s’attaque à ses « alliés » européens: il augmente les taxes des importations des pays européens, en réclamant le Groenland, en réduisant son propre financement de l’OTAN et en les menaçant de quitter l’alliance. Mais il mène aussi une offensive contre la Chine dans l’objectif de remettre en cause sa position sur le marché mondial.

Or les objectifs de l’impérialisme américain sont brouillés par la crise des sommets aux États-Unis mêmes. Il ne s’agit pas seulement de la crise qui sévit au sein de la classe politique américaine, mais des contradictions au sein de la classe dominante américaine dans son ensemble. Les États-Unis sont fracturés de bas en haut.

Cela n’empêche pas l’impérialisme américain de s’engager – bien au contraire – dans une fuite en avant guerrière.

La guerre, une nécessité pour le capital

Ces guerres qui frappent tous les continents se généralisent à l’échelle mondiale comme une nécessité pour la survie du système capitaliste mondial. La militarisation gangrène toute la planète. Les États-Unis imposent à leurs partenaires européens une augmentation considérable de leurs budgets militaires à 5 % du PIB, une hausse de leur participation financière à l’OTAN et donc à se fournir prioritairement auprès des États-Unis pour leur matériel militaire.

Au cœur même de l’Europe, une guerre est en cours en Ukraine qui voit des dizaines et des dizaines de milliards détournés des budgets sociaux, par les gouvernements des pays de l’Union européenne, pour financer l’escalade guerrière.

La décision de Trump d’augmenter massivement le budget militaire du pays à 1500 milliards de dollars contraint également à la Chine à rentrer dans la course aux armements, grevant fortement son développement économique déjà en difficulté.

En 2025, ce sont 2887 milliards de dollars de dépenses militaires qui ont été réalisés à l’échelle mondiale.

Cette militarisation est la seule issue pour le capital d’assurer sa survie. Car l’industrie d’armement est la courroie d’entraînement de toute l’économie capitaliste dans une situation marquée par la marche à la dislocation du marché mondial. Avec la hausse des prix du pétrole, à tout moment une crise financière et économique peut éclater entraînant des bouleversements mondiaux sans précédents.

La place de la classe ouvrière à l’échelle mondiale

Tous les États impérialistes sont plongés dans une profonde crise économique comme en témoigne l’effondrement industriel de l’Allemagne, jusqu’à présent la plus importante puissance industrielle en Europe. Les vagues de délocalisations, si elles frappent toute l’Europe, ont également touché les États-Unis. Certains en tirent la conclusion que la classe ouvrière, comme classe productrice, a quasiment disparu. Mais c’est en réalité exactement l’inverse qui se produit: la classe travailleuse, qui produit la plus-value, a considérablement augmenté à l’échelle mondiale. En quarante ans elle a doublé. Selon les chiffres recoupés de l’OIT et de la Banque mondiale, pour une population de 8 milliards d’êtres humains, la classe travailleuse représente 3,3 milliards d’individus, soit 40 % de la population mondiale. De l’autre côté, les 0,01 % les plus riches possèdent trois fois la richesse du reste de l’humanité. Ces 0,01 % ne sont pas une abstraction, ce sont 60000 individus clairement identifiés.

C’est dans l’affrontement entre le capital et le travail, c’est-à-dire, entre la minorité capitaliste et les masses laborieuses que réside l’issue pour la survie de l’humanité. Les mobilisations massives qui ont lieu sur tous les continents et dans tous les pays contre le génocide à Gaza expriment un tournant dans la conscience des masses à l’échelle mondiale à l’égard de la domination impérialiste. Les mobilisations aux États-Unis contre l’ICE, celles en Europe contre la politique guerrière et réactionnaire des gouvernements, les soulèvements populaires en Afrique, tous expriment la recherche de la grande masse de se défendre contre la barbarie.

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! »

Alors que se préparent la conférence et le meeting international à Londres, contre la guerre des 19 et 20 juin, rappelons-nous qu’en 1864 s’étaient réunis à Londres, à l’initiative de Marx et Engels, des militants d’origines politiques diverses: marxistes, socialistes, anarchistes, syndicalistes, proudhoniens, etc. Ils avaient alors adopté ensemble une adresse inaugurale constituant l’Association internationale des travailleurs.

Cette adresse affirmait: « Partout, la montée de richesses et de puissances a été réellement vertigineuse. (…)  L’expérience du passé nous a appris comment l’oubli de ces liens fraternels qui doivent exister entre les travailleurs des différents pays (…)  sera puni par la défaite commune de leurs entreprises divisées. C’est poussés par cette pensée que des travailleurs de différents pays, réunis en un meeting public à Saint Martin’s Hall le 28 septembre 1864, ont résolu de fonder l’Association internationale des travailleurs. (…) Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! »  

Rendez-vous le 20 juin à Londres !