Répression d’Etat policière et judiciaire à Marseille
Depuis le mouvement des Gilets jaunes la répression organisée par le président Macron ne cesse de croître.
- Marseille, Répression

Pendant la répression du mouvement des Gilets jaunes organisée par le président Macron, le 2 décembre 2018, Zineb Redouane est assassinée par un tir de LBD. Selon Le Monde du 23 juillet 2023, l’enquête judiciaire s’interroge aujourd’hui sur une « responsabilité médicale » des pompiers et de l’hôpital de la Conception, et non pas de la police. Le 8 décembre 2018, Maria, jeune passante sans lien avec le mouvement, subira aussi un tir de LBD, des coups de matraque et une hospitalisation de 15 jours. Le 25 janvier 2022, le juge d’instruction ordonne un deuxième non-lieu, les fonctionnaires impliqués dans l’agression n’ayant pas été retrouvés1Il est à noter que la réouverture de l’enquête est décidée par la chambre de l’instruction le 7 juin 2023 et qu’une information judiciaire est ouverte le 5 juillet 2023 concernant un policier impliqué aussi dans le tabassage d’Hedi. Mais cinq ans après les faits, « justice » n’est toujours pas faite..
Le 7 mars 2023, jour de manifestation contre la réforme des retraites, des responsables d’Alliance police accusent le jeune Matteo, lycéen brillant, manifestant avec ses professeurs, d’un jet de projectile, soit une « violence aggravée avec arme sur fonctionnaire dépositaire de l’autorité publique ». Il passera 37 heures en garde à vue dans des conditions exécrables. Le mouvement lycéen ne s’en remettra jamais vraiment.
Selon ses proches, des lycéens et citoyens indignés, lors du procès à huis clos en juin, le juge pour mineurs le condamnera malgré l’absence évidente de preuves et malgré les témoignages en sa faveur de personnes présentes à la manifestation.
Il a été jugé coupable et condamné à verser une amende à chacun des policiers concernés. Cette condamnation faisant l’objet d’un casier judiciaire, Matteo risque de ne pas pouvoir poursuivre la carrière professionnelle qu’il souhaite. La procureure de la République aurait déclaré qu’il ne pouvait pas le relaxer car « si nous relaxons le jeune Matteo, qu’allons-nous dire à nos policiers ? ». A cela les avocats de la défense répliquent : « Qu’allons-nous dire à nos jeunes ? »
Répression judiciaire d’une violence inouïe
Plus récemment, au cours des révoltes urbaines de juin, la répression judiciaire a été d’une violence inouïe. Un jeune a écopé de 10 mois d’emprisonnement ferme pour avoir pris une canette.
Libération écrit le 4 juillet : « De nombreux journalistes présents lors des comparutions immédiates de ce début de semaine (…) ont décrit des peines lourdes, appliquées “pour l’exemple”, que ce soit à Marseille ou ailleurs en France. Sollicité, le parquet de Marseille n’a pas donné suite. »
Le 11 août, trois policiers du Raid ont été mis en examen, en conservant le droit d’exercer, suite à l’assassinat de Mohammed dans la nuit du 1er au 2 août. Ces policiers d’élite surentraînés, nécessairement rompus aux opérations antiterroristes, n’auraient pas su utiliser un fusil LBD dans les conditions de sécurité nécessaires. Ultime provocation, le procureur de la République, soumis hiérarchiquement au ministre de la Justice, accuse par communiqué Mohammed d’avoir participé à des pillages. L’avocat de la famille annonce porter plainte pour diffamation contre le procureur et déclare : « La version donnée par le parquet n’est qu’une interprétation. C’est un procédé insupportable. »
Macron a besoin de la police et de la justice pour faire face aux résistances de la classe
Lorsque le président Macron déclare, le 24 juillet, depuis la colonie française de Nouvelle-Calédonie, que sa nouvelle devise était « l’ordre, l’ordre, l’ordre », il s’adresse directement, avec ses ministres Darmanin et Dupond-Moretti, à la justice et à la police qui assurent avec zèle cette orientation. Le chef de la Bac de Belfort déclare crûment à L’Est républicain, le 10 août : « La police a reçu carte blanche pour rétablir l’ordre, sans faire de prisonnier. C’est ce qu’elle a fait. »
Une fraction importante de l’institution judiciaire ne fait même plus semblant de conserver une certaine indépendance. Comme les exemples précédents l’ont prouvé, et on pourrait en citer bien d’autres, l’indépendance théorique ne signifie en rien la neutralité pratique d’intérêt de classe. L’institution judiciaire défend depuis toujours les intérêts de la classe dominante.
Macron a besoin de la police et de la justice pour faire face aux résistances de la classe ouvrière et de la population. Les attaques contre La France insoumise et ses militants vont redoubler pour faire taire le seul mouvement politique majeur à se dresser frontalement contre la répression de la population et de la jeunesse. Rien n’est joué, le rassemblement unitaire du 23 septembre est un point d’appui que nous nous devons de réussir !
(1) Il est à noter que la réouverture de l’enquête est décidée par la chambre de l’instruction le 7 juin 2023 et qu’une information judiciaire est ouverte le 5 juillet 2023 concernant un policier impliqué aussi dans le tabassage d’Hedi. Mais cinq ans après les faits, « justice » n’est toujours pas faite.
