Hommage menteur
La commémoration par Macron du débarquement de Provence ressemblait à toute sa politique : tortueuse et hypocrite.
- L'humeur de la semaine

Le président vanta « l’armée de la nation, bigarrée et fervente », la « fraternité », « le droit des peuples »…
Si les soldats des colonies formaient la majorité, l’armée distinguait les FSE, Français de souche européenne (terme conservé par la droite raciste aujourd’hui) avec 750 francs d’indemnités et les indigènes (240 francs).
Les Africains furent extraits en 1944 de la 2e DB, parce que les libérateurs de Paris devaient être blancs, conformément à la ségrégation raciale des maîtres américains. Puis, à l’automne 1944 dans les Vosges, fut appliqué le « blanchiment des troupes coloniales » : 20 000 combattants africains durent remettre leurs uniformes à des FFI, inexpérimentés mais blancs.
Les 130 000 combattants algériens – 56 % des pertes dans cette campagne – connurent la gratitude de l’État esclavagiste français, dès le 8 mai 1945, par les horribles massacres de Sétif, Guelma, Kherrata : bombes, canons, colons-tueurs émules du boucher Bugeaud1Voir dans Médiapart, Claude Manceron : Les 80 ans du débarquement de Provence, une distorsion infidèle à l’histoire. Le général Bugeaud et ses semblables, conquérants de l’Algérie, exterminèrent la population par villages entiers..
La seconde guerre, comme la première, visait au repartage des nations dominées entre les pillards impérialistes2Rappelons par ailleurs qu’il fut interdit aux procureurs de Nuremberg d’évoquer les bombardements aériens allemands. Au regard des crimes de guerre des vainqueurs – Hiroshima, Nagasaki, innombrables civils brûlés vifs par les bombes au phosphore, à Dresde, Hambourg, etc. – « les raids allemands étaient une bagatelle en comparaison » (Taylor, procureur principal à Nuremberg)..
Les gouvernements de la France fraternelle (coalition droite-gauche) semèrent la mort au Vietnam (Haïphong, 6 000 tués, 1946), à Madagascar (80 000 morts, 1947), ensuite au Cameroun, au Maghreb, etc. Le jour où Macron pérorait sur les droits des peuples, un onzième Kanak était abattu ; deux nouveaux-nés palestiniens de trois jours mouraient avec leur mère, dans le génocide soutenu par les partis français héritiers du colonialisme.
