« Non à la guerre et au budget de guerre Macron-Lecornu ! Non au démantèlement des agences environnementales, sanitaires et sociales ! »
Mercredi 26 novembre, un collectif regroupant des syndicats CGT et des personnels de différentes agences environnementales, sanitaires et sociales, s’est réuni à la Bourse du travail de Paris. Léo Mariasine, syndicaliste CGT à l’Institut Paris Région, en rend compte.
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Mercredi 26 novembre, un collectif regroupant des syndicats CGT et des personnels de différentes agences environnementales, sanitaires et sociales, s’est réuni à la Bourse du travail de Paris.
Tu étais présent et a participé à l’animation de ce collectif. Peux-tu nous indiquer comment est né le collectif ?
Le collectif réunit une quinzaine d’agences nationales (Ademe, OFB, ANSES…) mais également régionales ou locales (Institut Paris Région, CAUE…). Il résulte d’une volonté d’auto-organisation des syndicats CGT « à la base » : voilà des années que nous subissons des réductions d’effectifs et des baisses de budget chacun de notre côté, cette fois nous avons décidé de fédérer nos forces pour nous faire entendre. Nous sommes arrivés à la conclusion suivante : Macron et tous ceux qui participent à sa politique (j’inclus la droite évidemment…mais pas seulement) profitent de notre isolement pour nous détruire collectivement. Il faut donc nous coaliser contre ceux qui préfèrent les cabinets de conseils à l’expertise publique, les lobbys aux agences environnementales et sanitaires, le capitalisme à la préservation du vivant.
Quelles sont vos revendications ?
Notre première revendication est le refus absolu du budget austéritaire de 2026. Ce dernier s’inscrit dans la droite ligne des attaques qui se multiplient contre nous depuis des années. Il est illusoire de penser qu’on pourrait ne serait-ce qu’améliorer un projet politique qui préfère mettre des milliards dans l’armement plutôt que dans les services publics, les collectivités territoriales et l’écologie. Ça fait trop longtemps que nous subissons cette logique budgétaire… mais là il y a une accélération. Nous avons décidé de rechercher les moyens d’y mettre un terme. D’abord en votant un « pacte de solidarité » entre nous : on ne touchera plus à une seule de nos structures sans que les autres la défendent. Puis par l’organisation de grèves et de manifestations conjointes à partir de janvier 2026, avec ouverture aux autres syndicats qui se reconnaissent dans notre combat. Face aux désastres annoncés du budget 2026, nous appelons plus largement tous les camarades combatifs à nous rejoindre ou à s’organiser dans leur propre secteur pour faire tomber Macron et son budget.
Tu as évoqué la question des budgets de l’armement…
Cela a été au cœur de la discussion. Nous avons d’ailleurs voté une motion de rejet de l’augmentation des budgets militaires en 2026. Nous avons conscience que les milliards injectés dans la guerre auront pour contreparties d’importantes coupes dans la transition écologique, les collectivités territoriales et les services publics. Certains syndicats ont même dénoncé le dévoiement de leurs activités à des fins militaires. C’était par exemple le cas à Météo France où le camarade raconte : « Je suis entré à Météo France pour aider à la sécurité des gens, pour qu’il n’y ait pas de gens qui meurent parce qu’il se serait fait surprendre p ar une tempête. Mais maintenant mon travail sert, du fait des accords entre la France et l’Union européenne avec l’Etat d’Israël, à ce que Netanyahou puisse envoyer une bombe à l’endroit prévu même quand il y a du vent ». Et il ajoute : « Je ne veux ni aider Netanyahou dans le génocide des Palestiniens, ni aider l’Etat français à envoyer demain des bombes sur qui que ce soit ! » Ceci, on le partage largement. On ne peut pas accepter ce qui nous semble contraire à nos missions de service public. Le lendemain de notre AG, le délégué syndical de l’IGN a même lu notre motion de rejet de la guerre à son conseil d’administration.
Comment interprètes-tu ça ?
L’orientation politique de la guerre est déjà en place. C’est la même orientation qui détruit nos missions et nos emplois au service de la population. Et nous comprenons tous que ça risque fort de s’accentuer avec l’engagement guerrier qu’impulsent Macron et son budget à tous les niveaux. Notre assemblée générale a permis d’établir des jonctions entre les revendications immédiates liées au budget 2026 et la lutte contre la guerre, qui n’est plus une question « abstraite » mais un besoin pour la mobilisation elle-même. On veut stopper tout ça et, avec ce collectif, on essaie de se donner les moyens de s’engager dans l’action. Et quelque chose me dit que ce point de vue n’est pas limité aux salariés et aux syndicalistes de nos agences…
