Séance inaugurale du « Conseil de paix » de Donald Trump : les charognards
La séance s’est tenue dans les locaux du « Donald J. Trump Institute of Peace », à Washington, avec des délégations venues de plus de 45 pays différents, des privatiseurs et profiteurs de la guerre, le 19 février, pour prétendument « reconstruire » Gaza.
- Actualité internationale, Gaza, Palestine

Le 19 février, Donald Trump a présidé la première réunion plénière de son « Conseil de paix » (Board of Peace), constitué pour « reconstruire » la bande de Gaza.
La séance s’est tenue dans les locaux du « Donald J. Trump Institute of Peace », à Washington, avec des délégations venues de plus de 45 pays différents, des privatiseurs et profiteurs de la guerre. Il a annoncé que les États adhérents de l’opération ont promis environ 7 milliards de dollars « pour Gaza », et que les États-Unis y ajouteront 10 milliards, destinés à la reconstruction et à la mise en place d’un appareil sécuritaire.
Le sommet était convoqué pour adopter les grandes lignes d’un plan sur dix ans : Gaza « autogouvernée » avec la formation de la police gazaouie ; Rafah reconstruite en trois ans ; un déploiement progressif des troupes de l’ISF (International Stabilization Force) fournies surtout par des pays dits arabes ou musulmans, dont l’Indonésie, le Maroc, le Kosovo, l’Albanie, le Kazakhstan… avec un commandement américain et un mandat de l’Onu. Le tout étant conditionné à une démilitarisation complète de la bande et au désarmement du Hamas.
L’armée israélienne viole quotidiennement le « cessez-le-feu »
Au moment même où se déroule cette séance inaugurale, la population de la bande de Gaza reste écrasée par les destructions, le blocus et la violence continue des opérations de l’armée génocidaire israélienne, qui viole quotidiennement le « cessez-le-feu ». Plus de 75 000 morts ont été officiellement identifiés depuis octobre 2023, plus de 80 % du bâti détruit ou endommagé, 90 % de la population déplacée et manquant de tout (eau, nourriture, abris, soins).
Inutile de préciser que Trump et ses invités, dont le ministre israélien des Affaires étrangères, le criminel de guerre Gideon Sa’ar, n’en ont pas dit un mot. Il s’agit pour eux de garantir l’impunité du génocide, tout en parlant de l’avenir de Gaza, où les Palestiniens, qu’ils ne parviennent pas à expulser, seront contrôlés individuellement par les nouvelles technologies et transformés en main-d’œuvre bon marché dans des zones économiques spéciales.
« Riviera », une entreprise de pillage
En marge de la réunion, des entrepreneurs israéliens ont présenté Gaza comme une future « Riviera méditerranéenne », avec 200 hôtels, des îles artificielles entièrement numérisées, une zone franche high-tech… Ils ont évalué la « valeur » du littoral de Gaza à 50 milliards de dollars, le potentiel pour le secteur du logement à 30 milliards et encore 30 milliards pour les infrastructures.
La destruction de la bande de Gaza est devenue, de manière totalement assumée, une opportunité financière considérable, pendant que près de deux millions de Palestiniens survivent dans des tentes, pour un troisième ramadan de suite, affamés et endeuillés. Le « Conseil de paix » de Trump n’est rien d’autre qu’une entreprise de pillage menée par des criminels de guerre.
En ce qui le concerne, Macron, qui n’a pas participé à l’opération de Trump, refuse également de qualifier ce qui se passe à Gaza de « génocide » et qualifie les critiques de l’État génocidaire israélien et l’antisionisme comme étant de l’antisémitisme. Macron se donne l’image d’un gardien d’un prétendu droit international. Il a validé le « plan de paix » pour Gaza, dont la caractéristique principale est d’exclure tout ce qui pourrait concourir à une vraie paix, à commencer par la fin du blocus, le retrait total de l’armée israélienne de Gaza, la libération des prisonniers palestiniens et l’acheminement en urgence de toute l’aide humanitaire nécessaire.
La paix selon Macron, cela signifie le maintien de l’ensemble des accords de coopération sécuritaire, des contrats militaires, des accords économiques, culturels, sportifs avec l’État génocidaire israélien, qui continue méthodiquement la destruction de la bande de Gaza.
