Iran : de la révolution de 1979 à la guerre israélo-américaine
Le régime des mollahs est pris entre la pression de l’impérialisme américain, la défense de ses propres intérêts en tant qu’oligarchie et la résistance des masses à l’impérialisme.
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Avant 1979, les États-Unis s’appuyaient sur deux piliers au Moyen-Orient : l’État d’Israël et la dictature du shah d’Iran. C’est d’ailleurs en 1953 que les États-Unis ont pris véritablement le contrôle de l’Iran en organisant un coup d’État pour chasser le Premier ministre en exercice, Mossadegh, qui avait décidé la nationalisation du pétrole. À partir de là, les États-Unis se chargent de la modernisation de l’armée iranienne en l’équipant de son matériel de guerre. Ils aident également à la constitution de la Savak, la police politique de la dictature du shah qui pendant des décennies a littéralement terrorisé la population iranienne, mettant en prison des centaines de milliers, généralisant la torture comme méthode de contrôle de la population et provoquant des dizaines de milliers d’assassinats.
De 1973 à 1978, sous l’effet de la crise économique, produit du choc pétrolier, des grèves et des mobilisations ouvrières ne cessent de se développer. La répression est d’ailleurs féroce. Le 8 septembre 1978, une manifestation à Téhéran est réprimée dans un bain de sang qui provoque une mobilisation massive dans tout le pays. Les mollahs et autres dignitaires religieux, réprimés par le régime du Shah, au nom de l’« occidentalisation » (forcée) de la population iranienne, vont progressivement s’installer politiquement. La mobilisation qui s’étend alors à toute la population va permettre aux mollahs de s’y inscrire. Ils bénéficient de l’aide du parti Tudeh (le parti stalinien, pro-Moscou) qui au nom d’un prétendu « front anti-impérialiste » soutient de facto les mollahs.
En décembre 1979, au nom de la lutte contre le « terrorisme islamique », la bureaucratie du Kremlin entre en Afghanistan, provoquant une guerre qui va durer dix ans et des centaines de milliers de morts et de blessés. Cette intervention réactionnaire du Kremlin est vivement rejetée au sein des masses en Iran. Rejet dont les mollahs se servent pour chercher à s’implanter plus encore.
Face au développement des conseils ouvriers qui jaillissent dans tout le pays, l’appareil du Tudeh fait tout pour freiner le mouvement en empêchant sa centralisation. Les mollahs en profitent pour transformer les comités ouvriers en comités islamiques. Après la chute du Shah en janvier, il faudra un an au régime des mollah pour parvenir à liquider les comités ouvriers.
Mais la mobilisation révolutionnaire des travailleurs iraniens et de la population interdira de mettre en œuvre leur objectif initial, à savoir l’instauration d’un émirat islamique avec la charia pour Constitution.
C’est ainsi qu’est fondée une république – certes islamique –, avec une pluralité très restreinte des partis politiques. En effet, une commission de religieux valide ou non les partis en fonction de leur plus ou moins grand attachement à l’islam. C’est ainsi que depuis quarante ans, au gré des élections, les « modérés » et les « durs » du régime alternent au pouvoir.
La pression de l’impérialisme américain, les sanctions et les offensives régulières d’Israël contre le pays enracinent au sein de la population iranienne des sentiments anti-impérialistes et propalestiniens.
Le régime des mollahs double toutes les institutions de l’État (police, justice, armée) par des organismes qui lui sont subordonnés, comme le sont les Gardiens de la révolution ou les tribunaux islamiques. Un président de la République est élu, mais c’est en réalité le guide suprême, désigné par le conseil des ayatollahs, qui dirige véritablement.
C’est sur cette base que se développe une véritable oligarchie politico-financière qui pille l’Iran et s’enrichit considérablement.
Cependant le régime des mollahs est pris entre la pression de l’impérialisme américain, la défense de ses propres intérêts en tant qu’oligarchie et la résistance des masses à l’impérialisme.
Dès la chute du shah, les mollahs avaient dénoncé le communisme et la politique d’expropriation comme contraire à l’Islam. Ils vont chercher à s’attirer les bonnes grâces des puissances impérialistes sans y parvenir. En effet, la nationalisation d’un certain nombre de secteurs (qui sont la base de l’oligarchie corrompue), le sentiment anti-impérialiste des masses iraniennes, le refus de reconnaître l’État d’Israël et le soutien au peuple palestinien, font de l’Iran une épine dans le pied de l’impérialisme. Pour ce dernier il s’agit d’éliminer tout ce qui peut sembler s’opposer, résister ou ne serait-ce que freiner les exigences impérialistes.
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