« Il revient aux organisations syndicales de s’engager contre la guerre »
Patrice Moulun, secrétaire de l’union locale CGT de Toulon (Var) explique pourquoi son UL appel au meeting de Londres le 20 juin, et présente l’initiative des syndicats du Var le 23 avril prochain, à l’occasion d’un événement gouvernemental à la gloire de l’économie de guerre.
- Actualité politique et sociale, Contre la guerre

Une camarade de France Travail nous a alertés sur les conséquences de la nomination d’un général à leur tête. Elle a fait le lien avec la loi plein-emploi, où les demandeurs d’emploi pourraient ne pas pouvoir refuser un emploi dans ce secteur. Enfin elle nous a expliqué que le gouvernement allait annoncer la création de 5 000 emplois liés au réarmement prôné par Macron.
Toulon est le plus grand port militaire français. Des milliers d’emplois dépendent directement des activités liées à l’armée et à l’armement. Nous avions décidé d’organiser un débat pour la paix et le désarmement.
Dans la foulée, les camarades de la CGT Éducation nous ont alertés sur la militarisation des jeunes au travers des classes défense et des initiatives pour que les élèves soient sensibilisés au lien Armée-jeunesse.
Enfin les camarades CGT de l’arsenal travaillent sur le sujet de l’armement et de la diversification des activités, l’un d’eux est fortement intervenu contre les propos du général Mandon sur le sacrifice de nos enfants. Son syndicat a publié un tract qui dit notamment ceci : « Aujourd’hui, la vente d’armes à l’export est devenue un business model pour notre industrie et ce n’est pas en armant la planète entière que les tensions s’apaiseront. L’escalade et la surenchère de l’armement n’amèneront jamais la paix ».
C’est suite à l’accumulation de ces éléments, de ces discussions dans plusieurs instances syndicales, que l’union départementale CGT s’est à son tour saisie de cette mobilisation en réunissant plusieurs syndicats (CGT-Éduc, France Travail, Arsenal, AIA de Cuers, Mindef, université de Toulon, FNTE) pour proposer la tenue d’une rencontre militante, le 3 avril prochain ayant pour objet d’ « évoquer ensemble les problématiques autour de la paix, du désarmement, de la militarisation des esprits, de la jeunesse, de l’emploi… » et ainsi se disposer pour réaliser une initiative militante contre la tenue, le 23 avril prochain, d’un forum intitulé « Toulon Defense Event » organisé par toutes les institutions départementales sous l’égide du ministère de la Défense.
Un événement de propagande à grande échelle dont le document d’invitation indique « les métiers de la défense auprès des collégiens, lycéens, étudiants, demandeurs d’emploi, et personnes en reconversion professionnelle » (site internet France Travail). Des ministres devraient être présents.
Le fait que la CGT du Var décide d’organiser un contre-événement intitulé « Toulon Paix Event » ce même jour indique les possibilités qui existent pour briser le silence que tente d’imposer le gouvernement – et ses alliés – sur cette marche à la guerre. Oui, ce combat contre la guerre c’est un combat contre les budgets de guerre et les milliards qui sont soustraits aux budgets des hôpitaux par exemple.
Cette semaine, en pleine élection entre les deux tours, une grève était organisée à l’hôpital de La Seyne contre la suppression de postes de médecins qui, écrit l’intersyndicale, « induit un risque de fermeture de lits et de services de psychiatrie, avec des soignants épuisés et des patients en danger ».
Et donc il revient au mouvement ouvrier et en premier à ses organisations syndicales de s’engager contre la guerre, car se taire sur la guerre c’est se taire sur les budgets de guerre qui écrasent en ce moment la jeunesse et toutes les populations, les plus fragiles en premier lieu.
La bataille contre la marche à la guerre doit se poursuivre et s’élargir, le mouvement syndical français doit s’exprimer car la guerre c’est toujours les travailleurs qui en paient le prix.
Ce sont ces échanges qui ont conduit à ce que puissent être discutés les documents faisant suite au meeting de Paris contre la guerre, et qui a décidé mon union locale de soutenir la tenue du prochain meeting de Londres. J’irais avec un autre camarade de l’UL CGT de Toulon à Londres le 20 juin 2026.
