À Paris, blocus lycéen contre la militarisation de la jeunesse

Témoignage d'Adélaïde lycéenne à Paris qui revient sur le blocus lycéen contre la militarisation organisé à la cité scolaire Claude-Monet (Paris 13e), du vendredi 3 avril, lancé en écho aux mobilisations en cours à Marseille depuis plusieurs semaines.

Lycée Claude-Monet, Paris XIIIe, le 3 avril 2026. (Correspondant)
Par Adélaïde lycéenne
Publié le 10 avril 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Vendredi 3 avril, un blocus lycéen contre la militarisation a été organisé à la cité scolaire Claude-Monet (Paris 13e ), lancé en écho aux mobilisations en cours à Marseille depuis plusieurs semaines. Le mouvement lycéen dénonce la politique d’austérité du gouvernement qui ampute le budget des services publics au profit de l’armée.

La semaine précédant le blocus, nous nous sommes regroupés en assemblées générales de plusieurs lycées pour organiser le déroulement du 3 avril et pour s’accorder sur les revendications et slogans. Nous, les lycéens du centre de Paris venus des lycées Hélène-Boucher, Simone-Weil, Henri-IV et Sophie-Germain, nous sommes concentrés sur une action de blocage au lycée Sophie-Germain. Malheureusement, la présence de la police aux aurores a empêché le blocus d’aboutir. Loin d’être découragés, on a décidé collectivement de rejoindre l’action du lycée Claude-Monet, bien décidés à faire entendre nos revendications communes. L’action était aussi soutenue par la présence de professeurs et d’une parent d’élève membre de la FCPE du 13e arrondissement.

Tous au blocus du lycée Monet !

Dès sept heures, les lycéens de Claude-Monet avaient bloqué la porte. Sur les grilles, des banderoles : « Fuck les coupes budgétaires », « la jeunesse emmerde le militarisme ».

À partir de 8 heures, une foule de lycéens a repris nos slogans : « L’argent aux facs et aux lycées ! Pas aux flics, ni à l’armée », « Macron démission ! On ne veut pas de ton porte-avions », « Siamo tutti anti fascisti ! ». Nous avons distribué des tracts listant nos revendications avec en titre, un constat commun : « L’armée s’engraisse, l’école s’affaisse ! »

Nous ne sommes pas dupes ! Le budget de 413 milliards pour l’armée est une balle tirée en plein cœur des services publics, avec pour principales victimes les secteurs de la santé et de l’éducation. Résultat pour nous : des classes fermées et des postes d’enseignants supprimés. Nous avons aussi fait des interventions au mégaphone pour expliquer nos revendications : abandonner le budget d’austérité, exiger un investissement massif dans l’éducation nationale pour accéder à de meilleures conditions d’enseignement (rénovation des bâtiments, baisse du nombre d’élèves par classe, revalorisation des bourses…).

Nous avons aussi exprimé notre soutien aux lycéens de Claude-Monet au Havre (des lycéens et enseignants ont été victimes d’une intervention policière brutale lors du blocage de leur lycée le 31 mars, Ndlr), ou encore aux lycéens de Carcassonne subissant une forte répression par la police et aussi un appel direct au mouvement marseillais et à l’objectif de rendre le mouvement national.

À onze heures, une assemblée générale a décidé de la fin du blocus une heure après. Nous ne lâcherons pas ! Non, Macron, nous n’irons pas à la guerre, ni pour toi ni pour personne ! De Marseille à Paris : Macron démission, on ne veut pas de ton porte-avions !