La preuve est faite : la France livre des armes à Israël

Depuis le début du génocide contre la population palestinienne de Gaza, Macron et ses gouvernements ont construit un récit selon lequel « la France ne vend pas d’armes à Israël ». Mensonge...

(photo AFP).
Par François Lazar
Publié le 10 avril 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Les preuves sont là : les associations Urgence Palestine et Palestinian Youth Movement ont publié le 7 avril un rapport de 60 pages intitulé « Les dessous des exportations militaires françaises vers Israël ».

Le rapport montre une implication large et structurée de l’impérialisme français dans l’approvisionnement en armements de l’armée génocidaire israélienne. Il recense 525 cargaisons de « matériel militaire » expédiées de France vers des industriels de défense et aérospatiaux israéliens entre octobre 2023 et mars 2026 (Elbit Systems, IMI, Ricor, etc.).

Le rapport précise que 481 de ces 525 cargaisons (92 %) sont destinées à des sites d’Elbit Systems, principal fournisseur de l’armée génocidaire israélienne, ce qui montre un ancrage profond dans le complexe militaro-industriel israélien. Il note que les composants envoyés ne sont pas neutres mais couvrent toute la chaîne de fabrication d’armes létales (maillons de munitions, tubes de canon, capteurs IR, gyroscopes, systèmes de navigation, pièces pour drones Hermes 450/900, etc.), et qu’ils alimentent directement des systèmes utilisés à Gaza, au Liban et en Cisjordanie.

Armes, munitions et pièces pour les F 35 de l’armée israélienne

Outre l’acheminement de composants français indispensables à la fabrication des armes et munitions, le rapport montre que des pièces destinées aux F 35 de l’armée israélienne transitent également par l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Le rapport insiste sur le fait que les livraisons ne sont pas marginales ni concentrées sur quelques sites, mais s’appuient sur un maillage territorial très large de l’appareil productif et logistique français. Les cargaisons de matériel militaire ont été expédiées depuis 12 régions et plus de 46 villes en France, via des infrastructures clés que sont les aéroports, ports et axes routiers.

Ces informations sont documentées avec des tableaux détaillant pour chaque ville l’expéditeur, le destinataire israélien, les dates, l’itinéraire et la nature des composants.

260 millions de dollars entre 2015 et 2024

Le texte en tire un point politique central : cette dispersion géographique montre que ce n’est pas « une affaire de quelques industriels isolés », mais une chaîne d’approvisionnement structurée, impliquant des entreprises et infrastructures « réparties dans 12 régions et 46 villes », et que l’État français mobilise de facto une masse de ressources publiques et privées pour soutenir l’appareil militaire israélien.

Les achats israéliens auprès de l’industrie française ont totalisé environ 260 millions de dollars entre 2015 et 2024. S’il fallait une démonstration supplémentaire du soutien de Macron au « maintien de l’ordre » en Cisjordanie et au génocide à Gaza, le rapport d’Urgence Palestine vient de l’apporter.