Hôpital Robert-Debré (Paris) : Macron sifflé par les personnels

« Emmanuel Macron et Brigitte Macron se sont rendus à l’hôpital Robert-Debré, (…) pour poser la première pierre de l’institut du cerveau de l’enfant et ont fait un détour par l’unité d’accueil pédiatrique “enfant en danger” » (Paris-Match). Il fallait oser !

Les personnels de l'hôpital Rober-Debré, à Paris, avant l'arrivée de Macron, le 10 juin 2026. (IO)
Par correspondant
Publié le 17 juin 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Si l’on s’en tient à Paris-Match : « Emmanuel Macron et Brigitte Macron se sont rendus à l’hôpital Robert-Debré, à Paris, ce mercredi 10 juin pour poser la première pierre de l’institut du cerveau de l’enfant et ont fait un détour par l’unité d’accueil pédiatrique “enfant en danger” ». Il fallait oser !

Après avoir fait fermer il y a quelques mois 60 lits à la Fondation Vallée de Gentilly (soit un tiers des lits de pédopsychiatrie pour toute l’Île-de-France), après avoir retiré plus de 4 milliards au budget des hôpitaux et de la Sécurité sociale pour les affecter au budget défense, le président Macron entendait se mettre en scène comme défenseur des enfants en danger.

Les grands moyens avaient été déployés. Depuis plusieurs jours l’hôpital Robert-Debré avait été nettoyé et renettoyé comme jamais. Un long tapis rouge était déroulé à l’entrée de l’hôpital, un camion du meilleur traiteur de Paris livrait très tôt le buffet pour la réception. Des cars de CRS étaient aussi en nombre pas loin, des forces de sécurité étaient déployées un peu partout dans l’hôpital et aux abords.

Tout avait été prévu. Sauf la colère des hospitaliers.

La CGT de Robert-Debré et l’union syndicale Assistance publique CGT appelaient à un rassemblement à 10 heures avec un tract « des moyens pour l’hôpital public, pas pour la guerre. Plutôt que préparer la guerre, soignons nos enfants ». Le syndicat FO de l’hôpital Beaujon écrivait : « Chaque euro versé pour financer un missile ou un avion Rafale est un euro volé à un lit d’hôpital, à une embauche de soignant. »

Dans les jours qui précédaient la visite, les conseillers de l’Élysée assuraient que le président recevrait les syndicats.

Les hospitaliers et les délégués avaient donc en tête : « Nous allons pouvoir dire, en direct, au président, ce qu’il en est des conditions de travail, des rémunérations, du manque d’effectifs, et qu’il faut arrêter de détruire l’hôpital public. »

« Des sous pour l’hôpital, pas pour les rafale »

Avant même l’heure du rassemblement, des hospitaliers avec des syndiqués commencent à se regrouper dans l’hôpital pour interpeller le président Macron. Les forces de sécurité essayent de maintenir tout le monde à distance, mais quand Macron apparaît dans le hall des dizaines de blouses blanches scandent « des sous pour l’hôpital, pas pour les Rafale » à moins de 30 mètres de la procession présidentielle. Puis reprennent en cœur face au service d’ordre : « On est là, même si Macron ne le veut pas, nous on est là… »

La réponse ne se fait pas attendre : les hospitaliers et les syndicalistes sont conduits fermement en dehors de l’hôpital, parfois même brutalement. L’entourage présidentiel maintient la promesse d’une rencontre à 13 h 30 avec Macron.

Un rassemblement avec une centaine de participants est improvisé devant l’établissement. Les élus LFI, Christophe Prudhomme et Sarah Legrain apportent leur soutien. Des banderoles sont accrochées : « Les milliards pour l’hôpital, pas pour les Rafale », et « des moyens pour le social, pas pour les Rafale » (banderole des salariés du SAMU social).

Le responsable de l’USAP-CGT prend la parole : « Aujourd’hui, le budget de la Sécurité sociale est à la baisse, le budget des hôpitaux est à la baisse, le budget de la guerre est en augmentation. C’est inacceptable… Nous allons être reçus ».

Les forces de police tentent plusieurs fois d’interrompre les prises de parole en exigeant d’évacuer le périmètre non autorisé.

Des hospitaliers de l’AP-HP, de la Fondation Vallée, de la Fondation Croix-Saint-Simon menacés de liquidation, du Samu social, et la fédération Santé CGT, préparent une délégation pour rencontrer Macron.

Mais après une longue attente, en milieu d’après-midi, les conseillers de l’Élysée font savoir que Macron contrarié par les sifflets ne recevra personne. Le président avec sa cour s’en vont. La délégation, avec la CGT, déclinera le rendez-vous avec le conseiller de l’Élysée.

L’écho de cette journée a été très important chez les hospitaliers qui se reconnaissent dans cette résistance, dans ce refus net de la politique macroniste et de son accompagnement.