Népal : « Une inondation est un phénomène naturel. Une catastrophe est un événement politique. »

Pramesh Pokharel, secrétaire général de la Fédération des paysans de tout le Népal revient pour Informations ouvrières sur les récentes inondations au Népal qui ont fait plus de 900 morts et des milliers de disparus.

Deux habitants de Trishuli, dans le district de Nuwakot au Népal, avancent dans la boue, entourés d’habitations détruites, le 30 août 2026. (AFP)
Par Pramesh Pokharel
Publié le 3 septembre 2026
Temps de lecture : 5 minutes

Pramesh Pokharel est un militant paysan népalais, secrétaire général de la Fédération des paysans de tout le Népal (All Nepal Peasants’ Federation) de 2021 à 2026, membre suppléant du Comité de coordination internationale (CCI) pour la Via Campesina en Asie du Sud, revient pour Informations ouvrières sur les récentes inondations au Népal qui ont fait plus de 900 morts et des milliers de disparus. Il travaille avec les petits agriculteurs, les travailleurs agricoles, les fermiers, les familles sans terre, les éleveurs et les pêcheurs. Il explique : « Nous avons lutté contre le système féodal des grands propriétaires terriens ; aujourd’hui, nous combattons des politiques agricoles qui envisagent l’agriculture comme une simple activité commerciale plutôt que comme un moyen de subsistance à préserver. »

IO : Le Népal vient de subir une catastrophe majeure. Quelles sont les responsabilités de l’État et des autorités locales ?

Je ne veux pas politiser un événement qu’il était impossible d’empêcher à la dernière minute. Le matin du 26 août, vers 8 h 40, un mur d’eau a dévalé le cours de la Bhote Koshi. Il ne faut que quelques minutes pour que l’eau atteigne nos habitations. Aucun système de messagerie mobile au monde ne peut transmettre une alerte utile dans un laps de temps aussi court si personne ne surveille la montagne où le phénomène prend naissance. La question n’est donc pas de savoir si les sirènes ont fait défaut mercredi matin. La question est de savoir pourquoi, en 2026, cette montagne ne fait l’objet d’aucune surveillance. Il s’agit d’un échec en matière de préparation de la part de l’État.

Les responsabilités sont partagées entre le gouvernement fédéral, sept provinces et 753 administrations locales. L’échelon fédéral assure la cartographie des risques, la surveillance des lacs glaciaires et des (…)


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