Censure, mobilisations, grèves, élections
Le prix du carburant atteint des sommets. Pendant ce temps, Total engrange plus de 11 milliards de bénéfices sur le 1er semestre. Ils nous étranglent, eux et leurs complices : qu’ils dégagent tous ! Censure, mobilisations, grèves, élections se nourrissent les uns des autres.
- Actualité politique et sociale

Flambée des prix alimentaires, des prix du carburant et du gaz : les foyers sont étranglés et ne s’en sortent plus. Le journal patronal Les Échos (14 septembre) s’inquiète du développement d’une « crise sociale » : des « appels à relancer le mouvement des “Gilets jaunes” sont lancés pour le mois d’octobre », notamment à l’occasion du 17 octobre.
Le gouvernement a beau utiliser la crise du détroit d’Ormuz comme prétexte à la hausse des prix du carburant, les faits sont têtus : Total vient de réaliser plus de 10 milliards d’euros de bénéfices au 1er semestre. Rien que sur le 2e trimestre, ce sont 5,4 milliards de dollars de bénéfice net qui ont été générés, soit le double (!) par rapport à l’année précédente. Et dans le même temps, Total continue d’échapper quasiment à l’impôt sur le territoire français.
Toujours dans le même temps, on apprend que la France est le deuxième pays au monde où les entreprises ont versé le plus de dividendes au 2e trimestre avec 61 milliards d’euros distribués.
Le gouvernement engage le combat contre les retraites
En dépit du rejet de l’immense majorité de la population dont il fait l’objet1Ce sondage réalisé les 9 et 10 septembre révèle que le chef de l’État et son Premier ministre enregistrent les opinions défavorables les plus élevées depuis le début du quinquennat., le gouvernement engage le combat contre les retraites, en voulant les désindexer de l’inflation, ce qui permettrait d’économiser 6 milliards. 6 milliards, c’est 1/10e des dividendes réalisés par les entreprises françaises uniquement sur un trimestre ! 6 milliards, c’est l’équivalent de la hausse du budget des Armées contenue dans l’actualisation de la loi de programmation militaire !
De ce point de vue, les cris d’orfraie des cercles financiers et du gouvernement sur la « gravité de la situation économique du pays » ont de plus en plus de mal à passer : s’appuyant sur une enquête électorale Ipsos-BVA publiée dimanche (1), l’éditorial du journal Le Monde (15 septembre) intitulé « Présidentielle : un profond désir de changement » révèle que « la demande de rupture est forte » et qu’« une majorité veut réformer la société en profondeur », s’inquiétant d’une vague de « dégagisme politique ».
Un « dégagisme politique » qui tend à peser sur les groupes parlementaires dès l’examen du budget 2027, où la France insoumise (LFI) d’abord, Les Verts et le Parti communiste français, ensuite, ont annoncé leur intention de censurer le gouvernement. Même le chef du groupe parlementaire du Parti socialiste (PS), Boris Vallaud, a déclaré « vraisemblable » (sic) de voter la censure ! De là à passer des paroles aux actes… Nous verrons bien.
Quant au Rassemblement national, Marine Le Pen a déclaré qu’« un budget imparfait avant les élections est préférable à une loi spéciale », avalisant ainsi les milliards de coupes contre les travailleurs.
Plus de 70 % d’agents grévistes dans les industries électriques et gazières
Au même moment, des pêcheurs du sud de la France, étranglés par l’inflation et au bord de la faillite, ont bloqué dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 septembre le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer pour condamner notamment les hausses des prix du carburant. Un pêcheur interviewé par BFM TV déclare : « On est tous morts. »
À l’occasion d’une grève nationale à l’appel de toutes les organisations syndicales pour la défense du « tarif agent » que le gouvernement entend remettre en cause, les agents des industries électriques et gazières ont, par une grève massive (plus de 70 % de grévistes en moyenne), bloqué et mis à l’arrêt plusieurs centrales. En réponse, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a affirmé : « Il n’est absolument pas question de remettre en cause le tarif agent ».
On le voit : censure, mobilisations, grèves, élections sont plus que jamais imbriquées dans la situation présente et se nourrissent les uns des autres.
À la question du journal financier l’Opinion (15 septembre) : « On dit souvent que la colère n’explose pas à quelques mois d’une élection importante, mais qu’elle y trouve son débouché politique », le directeur général de l’institut Ipsos BVA, Brice Teinturier, répond : « Oui, je partage cette analyse. À mon avis, le débouché naturel du malaise français a une structure d’accueil privilégiée, l’élection à venir. Mais parfois, le réel va plus vite que les urnes. »
Dimanche 20 septembre, les associations de victimes des violences policières, appuyées par LFI, appellent à manifester dans toute la France contre la loi dite « permis de tuer ».
Et à nouveau, après la grande braderie de Lille, des milliers ont afflué au stand de LFI lors de la Fête de l’Huma pour accueillir le discours du candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.
