Premières leçons du scrutin en Saxe-Anhalt

Ce dimanche 6 septembre, le parti d’extrême droite, raciste, anti-immigrés et anti-ouvrier Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu près de 44 % des suffrages lors du renouvellement du parlement de Saxe-Anhalt...

Résultat lors du renouvellement du parlement de Saxe-Anhalt (Allemagne).
Par Pierre Valdemienne
Publié le 10 septembre 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Les causes sociales de ce vote sont connues : chômage de masse – le groupe automobile Volkswagen vient de supprimer 100 000 emplois en Allemagne, avec l’accord des syndicats, avec, à la clé, reconversion vers la production d’armement –, paupérisation de la population, attaques tous azimuts contre les retraites et la Sécurité sociale par le gouvernement Merz et ses soutiens…

Une enquête sortie des urnes réalisée pour la télévision publique ARD citée par le journal l’Opinion (8 septembre) révèle que le facteur de vote déterminant en faveur de l’AfD parmi tous les thèmes de campagne a été la « pérennité des systèmes sociaux (25 %) ».

Pour tirer de premières leçons sur ce scrutin, il faut revenir sur les causes politiques du vote : le parti chrétien-démocrate (CDU) actuellement au pouvoir, ainsi que tous ses soutiens sociaux-démocrates toutes variantes confondues, ont été massivement rejetés par la population. Jean-Luc Mélenchon a raison lorsqu’il affirme : « En Allemagne, la victoire de l’AfD est le résultat de la politique néolibérale des gouvernements allemands de grande coalition droite-PS ».

Pour s’être associé au pseudo « pare-feu antifasciste » ou autre « cordon sanitaire » avec la droite au pouvoir qui mène une politique ouvertement xénophobe, militariste et réactionnaire, rejeté selon les derniers sondages par 87 % des Allemands, le Parti social-démocrate (SPD), Les Verts ainsi que La Gauche (Die Linke) ont été sanctionnés au même titre que la CDU. À noter : Die Linke enregistre son plus mauvais résultat en Saxe-Anhalt depuis 1990. Tous ont approuvé le programme d’armement du gouvernement Merz, qui vise à ce que l’armée allemande soit la plus puissante d’Europe et « prête à la guerre » selon les mots du ministre social-démocrate de la Défense, Boris Pistorius (SPD).

Des premières leçons à retenir, et pas que pour l’Allemagne… Premières leçons qu’il faudra certainement préciser, affiner et mieux comprendre, mais qui n’occultent en rien le choc et le caractère dramatique d’un tel résultat. Un parti se réclamant ouvertement d’un funeste héritage obtient une majorité de voix… en Allemagne.

Mieux vaut ne pas se bercer d’illusion sur le moindre enseignement pour l’avenir que les Faure, Glucksmann, Roussel, Hollande et autres en tireront. Pas plus qu’ils n’en ont tiré des politiques menées et des responsabilités des staliniens et sociaux-démocrates quand ils dirigeaient eux-mêmes.

Quant aux représentants « officiels » des capitalistes, ils feront ce qu’ils savent le mieux faire : ouvertement ou en se tortillant, défendre d’abord et avant tout leurs intérêts de classe, leur État et leurs privilèges.

Pour la jeunesse, la classe ouvrière et toutes les couches exploitées, c’est maintenant qu’il est encore possible, et que la possibilité existe, de s’unir, de s’organiser pour une rupture avec cette mécanique infernale et se battre pour gagner.