Le brut, le net… et les truands !

Rapprocher le salaire net du brut pour redonner du pouvoir d’achat, vraiment ? De Raphaël Glucksmann à Marine Le Pen en passant par François Hollande, tous ont le même programme.

Lors des Rencontres des entrepreneurs de France, le 27 août au stade Roland-Garros, à Paris (photo AFP).
Par Nicole Bernard
Publié le 4 septembre 2026
Temps de lecture : 3 minutes

(Le titre est emprunté à la Fédération CGT des organismes sociaux, lire Informations ouvrières n° 922.)

Tout le monde a vu comment les patrons, réunis à Roland-Garros, ont réagi lorsque Jean-Luc Mélenchon a défendu l’augmentation des salaires. Ils ont bien ri. C’est que Jean-Luc Mélenchon est le seul à exiger l’augmentation des salaires. Tous les autres, tous, de Raphaël Glucksmann à Marine Le Pen en passant par François Hollande, ont le même programme : rapprocher le net du brut.

Pourquoi ? Pour redonner du pouvoir d’achat ?

– C’est une augmentation du pouvoir d’achat qui ne coûte rien aux employeurs puisque le brut n’augmente pas.

– Si on met bout à bout les exonérations de charges patronales (90 milliards) et la suppression des cotisations salariales, les soins comme les retraites ne pourraient plus être financés par la Sécurité sociale1Les retraites devraient être financées par la capitalisation (mettre l’argent de sa retraite de côté). Les soins devraient être financés par l’impôt.

C’est ce que veut le patronat. Voici ce qu’on lit dans le journal l’Opinion du 10 juillet : « L’organisation patronale propose 60 milliards d’euros pour les branches famille et maladie en moins à payer pour les entreprises. En échange, les entreprises renonceraient à 30 milliards d’exonérations de cotisations dont elles bénéficient et prendraient en charge 10 milliards de cotisations salariales. (…) Cette réforme serait financée par une hausse de la TVA de 19 milliards et par un effort des retraités de 6 milliards. »

N’est-ce pas formidable ?

En conséquence de cette combine :

• Les employeurs récupèrent 20 milliards.

• Les consommateurs payent 19 milliards de TVA en plus.

• Les retraités sont taxés de 6 milliards supplémentaires.

Bref, rapprocher le net du brut a clairement comme objectif de faire supporter aux malades le coût des soins pour augmenter les profits2Non seulement, cela veut dire que les soins sont à la charge des malades (directement ou par le biais des assurances) mais ces soins coûteraient beaucoup plus cher. La prise en charge par la Sécurité sociale est un puissant facteur de modération des prix. Par exemple pour les médicaments. Les trusts pharmaceutiques n’aiment pas du tout la Sécurité sociale française..

Manule Bompard : « Je vais censurer ce gouvernement »

Invité sur LCI le 1er septembre, Manuel Bompard a appelé chacun à rejoindre la campagne de Jean-Luc Mélenchon, « le seul candidat aujourd’hui à pouvoir non seulement battre le Rassemblement national mais aussi à pouvoir ouvrir une nouvelle page de l’histoire du pays ». Extraits de son interview.

« L a proposition du RN sur le voile est indigne, stigmatisante et contraire aux principes de la République (…) . La dernière fois qu’il y a eu en France une loi qui ciblait une religion en particulier, c’était sous le régime de Vichy. (…) Si le peuple se mobilise massivement, Marine Le Pen n’est pas garantie d’accéder au second tour. »

En réponse à la journaliste qui lui demandait s’il appellerait à voter pour l’un des autres candidats face à Marine le Pen au second tour : « Il faut tout faire pour battre le RN mais là vous m’interrogez sur un certain nombre de personnalités qui, parfois, par leur politique contribuent à banaliser le programme du RN. Pour moi entre Monsieur Retailleau qui scande dans un meeting “à bas le voile” et Madame Le Pen et Monsieur Bardella qui veulent interdire le port du voile dans l’espace public, c’est de l’ordre de la nuance ».

Sur la Sécurité sociale : « Il faut rétablir ses financements que les différents gouvernements macronistes ont petit à petit détournés en instaurant une forme de TVA sociale cachée ».

Amené à réagir sur le budget 2027 : « C’est une politique qui non seulement va faire souffrir les gens mais qui en plus est totalement inefficace d’un point de vue économique. L’année dernière on nous a vendu la même chose : “il faut faire des économies”, et pourtant le déficit va être plus important, il n’y a pas eu de croissance, le chômage repart à la hausse et le pouvoir d’achat a baissé. Moi je vais censurer ce gouvernement. »