Le général Mandon invité à l’assemblée des patrons

« Nous sommes à un tournant » explique le général Fabien Mandon, invité à participer à la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) sur le thème « Sommes-nous prêts à affronter la guerre ? ».

Fabien Mandon, le chef d’état major invité à la REF organisée par le MEDEF, le 26 août à Paris (photo AFP).
Par Carlos Afonso
Publié le 6 septembre 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Le général Mandon était présent aux côtés notamment d’Éric Trappier – président-directeur général du groupe Dassault et président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) – et de Céline Berthon, directrice générale de la sécurité intérieure. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le patronat français entend bien être partie prenante d’une économie de plus en plus orientée vers les besoins de la guerre. Comme on peut s’en douter, les rires gras n’étaient pas au rendez-vous, contrairement à ceux que Jean-Luc Mélenchon a essuyés le lendemain lorsqu’il a défendu l’augmentation des salaires…

Souvenons-nous, le général Mandon est celui qui, en novembre 2025, s’était immiscé dans la campagne des élections municipales, par sa prise de parole publique au 107e Congrès des maires de France : « Nous avons tout pour dissuader Moscou. Ce qu’il nous manque, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour défendre la nation » avait-il exprimé, ajoutant froidement « il faut accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement. »

Les maires étaient alors invités à apporter leur pierre à l’édifice pour préparer les communes et les populations à la guerre envisagée contre la Russie à l’horizon 2030. Et c’est dans ce même esprit que le général Mandon est venu faire son marché auprès du patronat français : « Nous avons des besoins, à vous de transformer l’essai », a-t-il lancé. « Notre défense est forte si notre économie est forte. (…) Les armées sont la réponse immédiate en cas de rapport de force mais le rapport de force ne peut être tenu que si la nation tient. »

« On compte sur vous »

« Nous avons beaucoup d’atouts mais il faut s’adapter. Nous sommes à un tournant. Or les risques n’encouragent pas à l’initiative. Mais il faut y aller parce qu’autour de nous cela se dégrade. Nous avons réussi le début du tournant, nous sommes sur la bonne trajectoire. Mais on compte sur vous », a-t-il lancé aux entrepreneurs.

« Les armées n’ont pas besoin que vous soyez déjà dans un mode de guerre mais elles ont besoin de savoir que les entreprises sauraient les alimenter en équipements en cas de combat », a indiqué Fabien Mandon.

Préoccupé par le rythme de l’augmentation de la production industrielle en France, le plus haut responsable des armées – derrière Emmanuel Macron, chef des armées – a aussi développé son point de vue sur les dispositions réglementaires et légales qui « deviennent incompatibles avec la rapidité et la réactivité avec laquelle il faut avancer. »

Le Figaro rapporte la réponse donnée par son propre président, aussi PDG du groupe Dassault : « C’est l’État qui nous impose de ne pas prendre de risques. » Que les capitalistes estiment que la déréglementation est insuffisante n’est pas une surprise, rappelons quand même que les exportations des industries d’armement françaises atteignent des niveaux records, avec le soutien très inconditionnel d’Emmanuel Macron qui n’hésite pas à endosser son costume de VRP pour écouler Rafale et autres équipements militaires, en Inde ou ailleurs.

Des profits en hausse pour les marchands d’armes en 2025

Un spectre hante les rédactions des médias: celui d’une attaque des pays de l’OTAN par la Russie. La propagande se déchaîne, tous les jours, des « experts » et autres « spécialistes » expliquent que Poutine teste les défenses des pays de l’OTAN.

Mais toute cette propagande a un objectif: développer une ambiance de guerre et d’escalade militaire. Pour cela, des milliards d’euros sont déversés prétendument pour l’Ukraine mais en réalité au profit des oligarques mafieux ukrainiens et de l’industrie armement.

Les résultats de l’industrie d’armement pour l’année 2025 sont connus. Les États-Unis possèdent 42 % du marché mondial, se taillant la part du lion. La France est deuxième, avec 9,8 %, suivie de la Russie avec 6,8 % et de l’Allemagne pour 5 %. 40 % de la vente d’armes par la France sont à destination de l’Asie, 27 % pour l’Union européenne et le reste, dans le Golfe et en Afrique. 40 % des ventes françaises concernent l’aérien, principalement le Rafale ; pour 18 % les missiles, pour 19 % le naval et pour 12 % l’armement des forces terrestres.

Le montant des exportations d’armement françaises représente 21,2 milliards d’euros. Selon les chiffres de l’INSEE, la production a augmenté de 20 % par rapport à 2022 et de 40 % par rapport à 1991. L’état de guerre et la guerre engendrent des profits énormes pour les capitalistes.