La question politique de la dette
DOSSIER - Depuis quelques semaines, la question de la dette publique est au cœur du débat politique à quelques mois de l’élection présidentielle. Car c’est effectivement une question éminemment politique.
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| Le 24 juin dernier, lors d’une conférence de presse avec les “nouveaux médias” organisée par LFI, Jean-Luc Mélenchon déclarait à propos des titres de la dette publique détenus par la Banque centrale (et non de l’intégralité de la dette française) : « Il suffit d’y aller, de les prendre et de les foutre au feu, et il n’y en a plus. Et personne ne s’apercevra jamais que ça a disparu. » Il a ensuite résumé sa position ainsi : « Cette annulation ne coûterait rien à personne. Juste un jeu d’écriture dans le bilan de la banque centrale. » Depuis quelques semaines, cette question de la dette est au cœur du débat politique à quelques mois de l’élection présidentielle. Car c’est effectivement une question éminemment politique. |
1. Qu’est-ce que la dette publique5Formellement, lorsque les dépenses publiques dépassent les recettes, il y a un déficit. Pour le financer, l’État emprunte. L’accumulation des sommes empruntées et non encore remboursées constitue la dette publique. ?
Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, la dette publique a augmenté de plus de 1 000 milliards d’euros. Ce chiffre faramineux est brandi comme un épouvantail : la dette serait devenue tellement énorme qu’il n’y aurait plus d’autre choix que de fermer des classes, supprimer des postes et supprimer des services publics.
Cette dette ne vient pas de nulle part : elle est le résultat d’une politique menée avec minutie. Première étape : l’État diminue les impôts sur les entreprises, sur les grandes fortunes et les revenus du capital. Deuxième étape : l’argent ainsi laissé aux possédants manque dans les caisses publiques. L’État l’emprunte sur les « marchés financiers ». Troisième étape : cette dette est invoquée pour imposer de nouveaux sacrifices aux travailleurs.
Le capital gagne donc trois fois. Il paie moins d’impôts, perçoit des intérêts en prêtant à l’État et dispose d’un moyen de pression pour exiger une politique conforme à ses intérêts. De ce point de vue, les années Macron, dans la continuité de ses prédécesseurs, sont une réussite.
La dette (…)
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