Préparer le 5 novembre, préparer la grève
Après les annonces de Lecornu, le compte n’y est pas. Il est bien probable que personne ne soit dupe. C’est en tout cas certain pour toutes celles et tous ceux qui redescendront dans les rues et qui préparent le 5 novembre et la grève.
- Actualité politique et sociale

Dimanche 25 octobre, dans un revirement inédit, le peuple brésilien a réélu Lula, avec plus de 10 millions de voix en plus qu’au premier tour. En 21 jours, des millions de jeunes et de travailleurs sont descendus dans les rues dans des centaines de villes, lors de milliers de manifestations, dans le cadre de la plus grande mobilisation populaire de l’histoire du Brésil. Avec l’aide de la jeunesse, qui a commencé à descendre dans les rues dès le lendemain du premier tour, sans attendre les ordres de quiconque, les masses populaires sont entrées en scène en développant des formes élémentaires d’auto-organisation. Pour battre Bolsonaro, soutenu par Trump et Netanyahou, ami de Mme Le Pen.
Dans l’autre hémisphère, en Europe et singulièrement en France, le président Macron et son Premier ministre Lecornu ont tout fait pour qu’à coups de répression, d’interdictions, de couvre-feux, de Conseil de défense, de menaces, de « recommandations de ne pas manifester », la masse des travailleurs et de la jeunesse, qui était sortie ultra-massivement samedi 17 octobre sur des revendications précises et pour exprimer un ras-le-bol de cette situation insupportable, reste chez elle.
C’était sans compter la puissante détermination, la profonde colère et une volonté acharnée de ne rien lâcher. Sans oublier une grande lucidité pour ne pas tomber dans les pièges, en s’appuyant sur les syndicats mais aussi sur la France insoumise (LFI). Comme l’indique Jean-Luc Mélenchon, et il n’est pas le seul à le dire : « Le pouvoir doit céder ou il ne restera plus que la porte de sortie. » Le flot ininterrompu de manifestants, qui a déferlé avec calme et sang-froid dans toute la France, ce samedi 24 octobre, aura contraint l’exécutif à répondre à la demande des organisations lycéennes et étudiantes d’être reçues pour répondre aux revendications, ce lundi 26 octobre.
Pour préserver coûte que coûte les intérêts de ceux qu’ils représentent, en total déni de démocratie, Macron et son gouvernement aux abois, acculés, mais avec toujours leur pouvoir de nuisance, se voient contraint de faire mine de reculer. Après la féroce répression, toujours en vigueur, après la remise en cause des principes démocratiques élémentaires du droit de manifester, c’est maintenant fourberie et rideau de fumée.
Pensent-ils vraiment convaincre qui que ce soit avec ces annonces qui ne sont que de piteux artifices ? Il suffit d’examiner les réponses pour se rendre compte que, comme le disent les organisations lycéennes et étudiantes, le compte n’y est pas, loin s’en faut. Il est bien probable que personne ne soit dupe. C’est en tout cas certain pour toutes celles et tous ceux qui redescendront dans les rues et qui préparent le 5 novembre et la grève.
