Interview de Gilles Demoulin, CGT RATP Maintenance

Les ouvriers de la maintenance de la RATP ont envahi, lundi 28 novembre dernier, le siège pour le premier jour de l’ancien Premier ministre, Jean Castex, à la tête du groupe. Ils s’étaient massivement rassemblés , lundi 21 novembre dernier, à Sucy-en-Brie.

Les agents de maintenance de la RATP au siège de l'entreprise le jour où Jean Castex prenait des fonction le 21 novembre (Photo correspondant).
Par la rédaction d'IO
Publié le 30 novembre 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Peux-tu nous préciser le contexte et les bases du rassemblement convoqué hier, au siège de la RATP ?

Gilles Demoulin : A la suite de la grève du 18 octobre et au lancement de la journée interprofessionnelle en ralliement aux raffineurs en grève, on avait lancé une grève reconductible à la RATP qui a été bien suivie à la maintenance du matériel roulant ferré du dépôt de Sucy-en-Brie. Il y avait une grande colère : on leur enlevait depuis 6 mois une prime, ce qui leur faisait perdre 100 à 150 euros par mois. Et cela concernait près de 30 % des agents. Finalement, la prime a été réintégrée au salaire et il y a eu ensuite d’autres revendications, dont la demande de réévaluation du salaire, 50 points sur la grille des salaires, ce qui correspond à 300 euros net par mois, et ça pour tous les agents de la maintenance.

Ce n’est pas une grève corporatiste comme certains essaient de le faire croire. C’est pour tous les agents de la RATP, pour une augmentation de 10 % en rapport avec l’inflation.

Alors, hier était le dernier jour de négociations avec le département de la maintenance au siège. Ils nous ont fait le coup comme à chaque fois. « On ne peut rien faire, on attend Castex. »  –  « Alors appelez-le. »  Ils refusent de l’appeler. Ça a provoqué notre colère.

On a essayé de trouver le bureau de Castex, on est monté sur les toits mais Castex n’était pas au siège de la RATP.

Comment voyez-vous les perspectives d’action ?

Il n’y a plus de réserve de matériel disponible. S’il y a un problème sur les lignes 3, 12 ou 14, c’est que la maintenance est en grève depuis plus d’un mois et le matériel n’est plus maintenu normalement. La seule réponse de la direction a été de constituer une équipe de briseurs de grève de 50 agents de maîtrise, mais ça ne suffit pas. Il faut savoir qu’à Sucy, il y a 500 agents de maintenance et même s’ils reprennent le boulot, il y a deux mois de retard dans les réparations du RER.

Chaque jour, les agents tiennent une assemblée dans les dépôts. Les agents reconduisent eux-mêmes la grève.

Le gouvernement est clair sur sa volonté de s’attaquer aux régimes spéciaux dont celui de la RATP. Quel est l’état d’esprit des agents par rapport à cette attaque ?

On ne va pas se laisser faire. S’il faut retourner dans la rue, on y retournera.

S’il faut refaire un 2019, on le refera. Et là tout le monde va suivre, métro, bus, agents de conduite comme les agents de maintenance.

Les gens, quand ils entrent à la Régie, ils savent qu’il y a une espérance de vie amoindrie par rapport à d’autres métiers. Alors il y a le un cinquième, pour le bus et le métro, c’est-à-dire que tu gagnes une année sur la retraite tous les 5 ans, c’est pour ça qu’on part à la retraite à partir de 52 ans.

Concernant la retraite, là-dessus on ne peut pas lâcher. Impossible !