Pérou : « C’est une lutte politique »
Depuis le jeudi 19 janvier, jour de la montée nationale à Lima dans laquelle ont convergé des colonnes de manifestants venus de tout le Pérou, les protestations se sont poursuivies.
- International, Pérou

A l’université San Marco, les étudiants avaient accueilli des groupes entiers venus de loin avec des boissons, des sandwichs, aménageant des aires de repos dans les jardins du campus, mais la police est intervenue brutalement pour fermer la faculté et des scènes violentes de persécution ont été rapportées sur les réseaux sociaux où l’on entend des cris et des coups de feu, y compris de nuit. Plus de 53 morts sont maintenant enregistrés par les manifestants.
Des arrestations et des mises en examens de militants politiques et syndicaux ont également lieu.
Mais la protestation ne faiblit pas. Geronimo Lopez Sevillano, le secrétaire général de la CGTP, a déclaré sur l’antenne de RFI, samedi 21 janvier : « Cela fait plus de deux cents ans que les peuples du pays ont été oubliés.
La pauvreté a augmenté, il n’y a pas d’hôpitaux, il n’y a pas d’écoles, il n’y a pas de routes. Voilà pourquoi les gens descendent dans la rue. Ils se rendent dans la capitale pour faire entendre leur voix, parce que Lima est une ville conservatrice, c’est une ville indifférente, où se concentre tout le pouvoir économique. C’est une lutte politique.
Le peuple descend dans les rues pour réclamer la démission de Mme Boluarte, pour que de nouvelles élections soient convoquées. Et aussi pour qu’une nouvelle Constitution soit mise en place, pour refonder la République et récupérer toutes nos ressources naturelles. Parce que le Pérou est un pays riche où il y a de l’or, de l’argent, du cuivre, du gaz, du lithium. Et pourtant, tout est envoyé à l’étranger, sans être taxé. Ils détruisent même la nature et l’environnement, et en plus, ils continuent de s’approprier les propriétés des paysans. »
