L’Elysée dos au mur

Faudrait-il s’incliner devant leur « légalité » minoritaire, sous le diktat des riches ? La légitimité de l’article 6 de la Déclaration des droits de 1789 l’emporte sur les artifices tortueux d’un régime despotique.

Lors de la manifestation à Paris, le 11 mars (photo AFP).
Par Michel Sérac
Publié le 16 mars 2023
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Tableau du règne de Macron II, après dix mois : ballottés par l’immense colère populaire, l’Elysée et ses séides se cramponnent à la Constitution : le 47-1 pour bâillonner l’Assemblée, le 44.3 pour museler le Sénat. Dos au mur, le « président aux pieds d’argile »1Le Monde, 7 mars. garde prête en permanence la massue du 49.3 contre son ennemie, la démocratie.

« Sauver la mise » du président vilipendé

Mais « l’adoption sans vote est le cauchemar d’Elisabeth Borne »2Le Monde, 9 mars., elle « amputerait la réforme de toute légitimité parlementaire »3L’Opinion, 9 mars.. C’est donc LR, où la « grandeur » gaullienne est rétrécie jusqu’à Ciotti et Sarkozy, qui doit, dit la presse, « sauver la mise » du président vilipendé.

En effet, « isolé dans l’opinion comme sur le front syndical, le gouvernement ne peut pas se permettre de s’isoler sur le plan politique »4Bernard Sananès, président de l’Institut Elabe, dans L’Opinion, 5 mars..

« Roulette russe » et « Grosse Bertha »

Le sous-chef LR, Retailleau, résume le pouvoir de l’Elysée : entre « roulette russe » (vote hasardeux) et « Grosse Bertha » (49.3). Des députés LR regimbent, craignent les représailles électorales et « espèrent que le 49.3
les aidera à ne pas dévoiler leur jeu »5L’Opinion, 9 mars.. Bergé, déconfite, brandit la menace contre les godillots macronistes récalcitrants…

S’incliner devant leur « légalité » minoritaire, sous le diktat des riches ? « La loi est l’expression de la volonté générale » : la légitimité de l’article 6 de la Déclaration des droits de 1789 l’emporte sur les artifices tortueux d’un régime despotique, car la volonté majoritaire du peuple vomit la réforme.

« Monsieur Veto », Louis XVI, avait la « légalité » constitutionnelle pour lui. La volonté générale du peuple souverain a eu le dernier mot.