ALLEMAGNE : Manifestation contre la guerre, le 1er septembre

Dans de nombreuses villes et régions, des syndicats affiliés au DGB et ges groupements pacifistes appellent à des manifestations et des rassemblements.

Affiche appelant à la manifestation et au rassemblement contre la guerre, le 1er septembre 2023 à Cologne
Par Carla Boulboullé
Publié le 29 août 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Le 1er septembre, en Allemagne, depuis 1957, les syndicats du DGB et les mouvements pacifistes tiennent à rappeler les horreurs de la Première et de la Seconde guerres mondiales, ainsi que les terribles conséquences de la guerre, de la violence et du fascisme. Cette année, la guerre en Ukraine est au cœur de la Journée contre la guerre.

Dans de nombreuses villes et régions, les syndicats affiliés au DGB et les groupements pacifistes appellent à des manifestations et des rassemblements. Une majorité en Allemagne dit « non » à la politique belliciste du gouvernement de Scholz, du SPD, des Verts et du FDP. Ils refusent l’escalade de la guerre par des livraisons d’armes toujours plus nombreuses. Ainsi, la livraison prévue de missiles de croisière Taurus, qui, selon Sevim Dagdelen, députée Die Linke au Bundestag, « pousserait visiblement l’Allemagne dans une guerre directe avec la Russie ».

Voici ce que dit le Forum de Hambourg qui appelle à la Journée contre la guerre, le 1 er septembre 2023 : « Une époque très dangereuse s’annonce pour l’humanité. Pour nous, la leçon des deux guerres mondiales est que la guerre ne doit pas être un moyen de politique. C’est pourquoi la guerre en Ukraine, tout comme les autres guerres – au Yémen, au Mali, en Palestine/Israël, en Syrie, etc. – qui apportent chaque jour de nouvelles morts et de nouvelles souffrances à l’humanité, doit être arrêtée le plus rapidement possible.

En livrant des armes, le gouvernement allemand s’est rangé aux côtés d’un belligérant, attisant ainsi la guerre et devenant lui-même un belligérant.

Nous exigeons :

– Le cessez-le-feu immédiat en Ukraine !

– L’arrêt immédiat des livraisons d’armes aux belligérants !

– L’ouverture immédiate de négociations de paix !

– La réduction du budget de l’armement au profit de dépenses dans les domaines du social, de l’éducation et de l’écologie. »

Amira Mohamed Ali sera l’une des oratrices à la manifestation pour la paix à Brême. Elle vient de démissionner de la présidence du groupe parlementaire de Die Linke au Bundestag, entre autres parce que Die Linke a renoncé à une « politique de paix conséquente ». Elle fait partie des signataires du Manifeste pour la paix de Sahra Wagen-knecht et d’Alice Schwarzer. L’appel à toujours plus d’armes pour l’Ukraine « contribue à une nouvelle escalade jusqu’au risque d’une guerre nucléaire. (…) Chaque euro supplémentaire dépensé pour le réarmement manque ailleurs. L’efficacité de l’Etat social diminue, les inégalités sociales s’aggravent dans notre pays. » (Extraits de l’appel du Forum pour la paix de Brême).

Non à la guerre, non à la guerre sociale

Un missile Taurus a une portée de plus de 500 km ; tiré depuis l’Ukraine il pourrait atteindre Moscou. Des milliers de syndicalistes, qui s’engagent dans plusieurs appels reprenant ces revendications, se rassembleront le 1er septembre lors des manifestations organisées par les syndicats du DGB.

En organisant ces manifestations, à Berlin, à Francfort, à Hambourg… les discussions se portent aussi sur la préparation des congrès syndicaux de Ver.di et de l’IG Metall qui se tiendront en octobre de cette année. En effet, par exemple, la direction syndicale de Ver.di a présenté une motion d’orientation dans laquelle elle soutient la politique belliciste du gouvernement Scholz. Mais les collègues veulent donner une expression puissante à leurs revendications lors des prochaines journées syndicales : Non aux livraisons d’armes ! Pour un cessez-le-feu immédiat et des négociations ! Et également des revendications sociales. Non à la guerre sociale ! Au lieu de budgets de guerre forts de centaines de milliards, ils demandent des centaines de milliards pour les hôpitaux, les écoles, les communes ; la défense du salaire réel et des conventions collectives nationales.