Revers lifté
La ministre de l’Education nationale, du sport et des jeux olympiques, Mme Oudéa-Castéra fait beaucoup parler d’elle…
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Cela a commencé par le fait qu’elle a retiré ses enfants de l’école publique pour les inscrire dans la très réactionnaire école Stanislas dans le VIe arrondissement de Paris, où elle habite. La question majeure n’est pas qu’elle ait inscrit ses enfants dans le privé, mais qu’elle a menti : elle avait justifié sa décision en prétendant qu’il y avait dans l’école trop d’heures non remplacées. Ce qui, pour une ministre de l’Éducation nationale est une insulte aux enseignants, et qui plus est un mensonge. L’école Littré est une très bonne école, où il n’y a aucun problème d’absence et de non-remplacement comme le témoignent les enseignants et parents d’élèves de l’école. Elle a dû faire ses excuses.
Ce n’est pas tout. Alors que des centaines de milliers de bacheliers souffrent du système de ParcourSup, son fils, par un contournement de ParcourSup a eu comme quarante-et-un autres, son inscription aux classes prépas de Stanislas. Mieux vaut être le fils de la ministre de l’Éducation nationale.
Mme Oudéa-Castéra était camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’Ena, et dans ce petit monde, elle se retrouve nommée ministre.
Avant d’entrer en politique, elle était directrice exécutive chez Carrefour pour un salaire de 1,4 million d’euros par an. Elle est ensuite devenue responsable de la Fédération française de tennis. Elle a expliqué : « J’ai renoncé aux deux tiers de ma rémunération pour ma passion dans le sport ». À la tête de la fédération de tennis, elle dit devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale qu’elle ne touchait pas plus que son prédécesseur.
Et cette enquête en cours sur les faux des dirigeants de la fédération de tennis démontre qu’elle touchait 500 000 euros par an, soit 90 000 euros de plus que son prédécesseur. Sept dirigeants ont commis un parjure pour avoir menti lors de leur audition sous serment. L’amour du sport…
Mais manifestement, ces 500 000 euros par an n’étaient pas suffisants. Et c’est ainsi qu’elle a gagné 53 300 euros en jetons de présence pour huit réunions du groupe lyonnais de Plastic Omnium. Une usine chimique qui fait siéger la responsable de la fédération de tennis, quoi de plus logique…
Il faut dire qu’elle a des frais. Elle possède une maison dans le VIe arrondissement, l’arrondissement le plus cher de la capitale. Comme elle, son mari, Frédéric Oudéa a réussi dans la vie. Diplômé de l’Ena, conseiller de Nicolas Sarkozy, puis PDG de la Société générale (rémunéré 3 millions d’euros par an, soit une hausse de 34 % par rapport à l’année précédente). Il est aujourd’hui le président de Sanofi.
Quand un ministre a des liens avec tel ou tel secteur d’entreprises, on le décharge du suivi de ces secteurs. On applique ce que l’on appelle un déport. La ministre en question a donc interdiction de s’occuper de tout dossier avec Axa, Carrefour, Société générale, Capgémini, Sportbudiz et Sanofi. Pour la « championne » de tennis qu’elle fut, revers lifté.
P.S. : à l’école Stanislas, les parents ont le choix entre des classes mixtes ou non mixtes. Mme Oudéa-Castéra a choisi pour ses trois fils, des classes non mixtes !
