Passer son bac quand ParcourSup a déjà rendu son verdict

Les épreuves de français ont débuté vendredi 14 juin pour les élèves de première. Quant aux élèves de terminale, ils passent l’épreuve de philosophie ce mardi 18 juin.

Epreuve ud bac le 18 juin, à Strasbourg. (AFP)
Par Edith Bouratchik
Publié le 24 juin 2024
Temps de lecture : 2 minutes

On se rappelle comment chaque année, une campagne haineuse contre le baccalauréat a été menée par tous les ministres successifs : « monument national, vieux de deux siècles », « a-t-il encore une valeur ? », « est-ce encore un examen ? », « il est trop cher », « il mobilise trop de professeurs », « les lycéens désertent les cours » … N’en jetez plus ! Tout cela a servi à remettre en cause le baccalauréat.

La destruction du Bac

Le gouvernement Macron a mis en place le « Bac Blanquer » et son contrôle continu qui a conduit à la destruction du caractère national du baccalauréat. Cela a renforcé les inégalités entre les établissements, les élèves, et a installé un système concurrentiel avec une pression permanente, sur les personnels comme sur les élèves et leurs parents. Ils ont dénaturé l’ensemble des épreuves. Celle de philosophie reste, avec le français, la dernière épreuve à caractère national.

Mais aujourd’hui, elles interviennent alors que les résultats de ParcourSup sont déjà connus. Les lycéens se posent la question sur les forums : « A quoi ça sert de passer le Bac ? ».

Le gouvernement Macron a renforcé de façon brutale la sélection à l’université : le baccalauréat ne fait plus office de premier grade universitaire qui donne le droit de s’inscrire dans le supérieur et la filière de son choix.

Cumuler la destruction du baccalauréat et la mise en place de ParcourSup, c’est bien ce que voulait le gouvernement Macron : faire du tri à l’université comme ils tentent de le faire au collège avec « le choc des savoirs », pour déqualifier la jeunesse.

 

La « reconquête du mois de juin » en virant les élèves !

Les cinq ministres de l’Education nationale qui se sont succédé depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 ont fait de la « reconquête du mois de juin » leur priorité. Non pas pour que les lycéens aient plus de cours, mais pour les envoyer soit chez les patrons, soit au SNU. Et au passage, ça sert de prétexte à la mise en place du contrôle continu en lieu et place des épreuves nationales, terminales et anonymes…

Nouveau tour de passe-passe contre les cours : les stages obligatoires en seconde d’une durée de quinze jours – ils ont débuté le 17 juin – où les élèves doivent aller en entreprise, dans des associations, des administrations, etc. Bref, une seule consigne : qu’ils désertent le lycée. Ils devraient même faire l’an prochain, en première, un rapport de stage qui compterait dans la future moyenne de ce baccalauréat en contrôle continu.

Le stage ou le SNU

Las ! pour Macron et son gouvernement, en fonction des villes, des régions, de 30 % à 50 % des jeunes n’ont pas de stage.

Les raisons en sont multiples : éloignement, transport, pas de places car en même temps se déroulent les stages des élèves de lycées professionnels, beaucoup plus rentables pour le patronat, refus des parents d’envoyer leurs enfants s’embrigader, etc.

Rappelons-le : ces stages procèdent d’une volonté gouvernementale affichée en 2020 ; pour tous les stages, 9 milliards d’euros ont été débloqués ; c’est la ministre Sarah El Haïry qui a mis en place le site hypocrite « un jeune, une solution » ; c’est la même au sein du gouvernement d’Élisabeth Borne qui était en charge du SNU.

Soutenue activement par Gabriel Attal, Sarah El Haïry mène campagne pour Renaissance dans la cinquième circonscription de Loire-Atlantique (Nantes, Carquefou, La Chapelle-sur-Erdre, Ligné, Nort-sur-Erdre). La boucle de cette politique réactionnaire à l’encontre de la jeunesse est complète !