Nicole Belloubet se projette-t-elle ministre à vie de l’Education nationale ?
La ministre de feu le gouvernement Macron-Attal laisse entendre que le « choc des savoirs », massivement rejeté par les enseignants et les parents, s’appliquera quoi qu’il arrive à la rentrée.
- Actualité politique et sociale, Ecole

Ministre à vie, Nicole Belloubet ? C’est tout au moins ce que présuppose sa déclaration sur Franceinfo le 9 juillet. Il faudrait quand même que quelqu’un lui rappelle les faits et qu’à force de lire la lettre de Macron, elle se prend les pieds dans le tapis. Le 7 juillet, ce n’est pas son camp qui sort victorieux des législatives mais le NFP. Qu’importe, elle persiste et signe en déclarant qu’« aucun gouvernement, quel qu’il soit, ne peut aller à l’encontre de différentes manières d’aider les élèves », et donc, tous les gouvernements à venir seront d’accord avec « le choc des savoirs ». Il faudrait que la ministre lise le programme du NFP… qui en demande l’abrogation.
C’est la même méthode antidémocratique que pour la réforme des retraites unanimement rejetée par la population, les syndicats, l’Assemblée nationale et passée avec le 49.3. Une même méthode réactionnaire sponsorisée par Macron et appliquée par les différents ministres. Certes Emmanuel Macron s’est approprié l’Ecole, pour la « réarmer ». Attal a fait de même. La ministre transitoire de l’Education nationale agit, elle aussi, avec un cynisme sans pareil. La réforme du « choc des savoirs » est totalement rejetée, que ce soit par l’ensemble des organisations syndicales, les personnels, les parents. Des votes unanimes de rejet ont eu lieu dans toutes les instances représentatives. Des centaines de milliers de parents ont organisé des opérations collèges morts dans toute la France.
Cette réforme est contestée depuis plus de six mois. Qu’importe pour N. Belloubet qui a non seulement publié les décrets, et qui, au lendemain du second tour, est toujours persuadée que Macron détient les rênes de tout !
Erreur totale de vouloir changer la volonté du peuple qui s’est exprimée. Comme le dit le Café pédagogique, site pourtant parfois très complaisant, « il sera alors urgent, et possible, dès la mise en place d’un gouvernement issu du Nouveau Front populaire, de décréter l’abandon des groupes de “niveau-besoin”, et la dissolution du “choc des savoirs”. »
Des milliers de postes d’enseignant non pourvus
C’est une vraie méthode de déni de la démocratie d’un gouvernement maintenu par Jupiter. Car dans la même ligne, cette ministre désavouée par ceux qui font l’Ecole envisage, suite à l’accord du Conseil d’Etat, du 11 juillet, de publier les décrets sur le nouveau recrutement des enseignants, textes eux aussi rejetés unanimement.
Et comme le mensonge, c’est gratuit, elle ose dire sur les concours « session 2024 : des résultats en nette amélioration par rapport à 2023 ». Or, plus de 3 185 postes ne sont pas pourvus pour cette rentrée 2024 dans le premier et dans le second degrés : cherchez l’erreur.
Enseignants, parents le disent : Madame Belloubet vous devez cesser de publier des textes rejetés, vous pouvez partir tout de suite et prendre des vacances. Les nôtres n’en seront que meilleures !
