ParcourSup : 120 000 jeunes sur le carreau, un lycéen sur dix sans avenir

Voilà les conséquences de ParcourSup mis en place par Macron-Blanquer en 2018. Le nombre de recalés à l’entrée à l’université ne fait que croître. Sur un total de 849000, quelque 124000 (soit 14,5 % en 2024, contre 13,3 % en 2023) n’avaient pas reçu du tout de proposition.

Photo AFP
Par Edith Bouratchik
Publié le 29 juillet 2024
Temps de lecture : 2 minutes

Plus de 29 000 jeunes, soit 3,4 %, ont quitté la plate-forme à la date du 12 juillet, date de clôture. Si le gouvernement se glorifie des résultats globaux 2024 de ParcourSup, c’est pour mieux camoufler la réalité. En proclamant dans un communiqué de presse que neuf lycéens sur dix ont reçu une proposition d’admission dans une formation de l’enseignement supérieur, il oublie de dire que recevoir une proposition, n’est pas forcément la première proposition du lycéen, ni forcément celle de son choix. Ils doivent obligatoirement faire dix propositions. Sur les dix, dans la majorité des cas, seules les deux premières correspondent au choix du futur étudiant.

Nombre de jeunes, par exemple, qui voulaient une formation en sciences se retrouvent en lettres ou en histoire. Non pas que ces cursus soient mauvais, mais, ce n’est pas leur choix. Ajoutons aussi que neuf sur dix ayant une proposition c’est 10 % qui n’ont rien du tout et qui devront patienter jusqu’au 12 septembre pour savoir s’ils sont pris quelque part…

Du côté des étudiants, seuls huit étudiants sur dix en réorientation ont reçu une proposition. Cela signifie pour eux aussi, la fin des études supérieures, rien de moins !

Inscription dans la filière de son choix !

ParcourSup représente la possibilité de classer les demandes, donc de sélectionner à l’entrée de chaque filière. Cela conduit à la création de centaines d’officines privées en coaching pour préparer son classement et ses lettres de motivation. La sélection est ce que prétendait faire le ministre de l’Enseignement supérieur en 1986 avec la loi Devaquet. Devant des centaines de milliers d’étudiants mobilisés, et suite au décès du jeune Malik Oussekine, tué par l’intervention des « voltigeurs » (les ancêtres des sinistres Brav-M), Jacques Chirac avait dû revenir sur la réforme.

Jusqu’en 2018, l’ancien système perdurait : avoir le baccalauréat donnait le droit de s’inscrire dans la filière de son choix.

ParcourSup constitue un outil efficace pour dégager des milliers d’étudiants de l’université jugée trop onéreuse. Macron a prévu de renforcer l’autonomie des universités pour achever ce processus d’exclusion de centaines de milliers de jeunes.

Nul doute qu’il sera question de l’abrogation de ParcourSup incluse dans le programme du NFP, des conditions de vie des étudiants lors des Amfis qui se dérouleront à Valence à partir du 22 août.

2 000 étudiants sur 3 000 virés de leur logement Crous, seuls 1 000 relogés !

Les logements étudiants de douze cités universitaires ont été réquisitionnés pour loger les forces de l’ordre, les pompiers, etc. C’est donc sans vergogne que l’Etat les a virés. On notera que gendarmes et policiers qui découvrent ces logements font circuler sur les réseaux sociaux des photos sur leurs conditions de logement qu’ils jugent exécrables (cafards, moisissures, fuites, etc.).

En langage bien dit, la présidente du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous) explique que « 17 vagues de déménagements ont eu lieu de mi-avril à fin juin », « un défi ». Les étudiants n’ont pas ressenti le défi olympique mais le mépris dont ils sont victimes : ils perdent leur logement en pleine période d’examens ou de concours, et ne savent pas comment ils feront à la rentrée.

Mais que le peuple se rassure : les étudiants toucheront 100 euros et deux places pour les JO !