Quelques réflexions concernant l’Onu
L’Onu n’a jamais libéré un peuple. Ni le peuple vietnamien, ni le peuple algérien qui ont laissé des millions de victimes dans la lutte pour leur libération.
- Tribune libre et opinions

L’Onu n’a jamais libéré un peuple. Ni le peuple vietnamien, ni le peuple algérien qui ont laissé des millions de victimes dans la lutte pour leur libération. Pas davantage le peuple malgache massacré en 1947 (100 000 morts) par l’impérialisme français. Ni les peuples d’Angola, du Mozambique… qui après des années de combat héroïque ont, avec le prolétariat portugais, obtenu leur libération en 1974 face à la dictature de Salazar-Caetano. Il en est de même au Kenya – la révolte des Mau Mau – massacrés par l’impérialisme anglais. C’est la même histoire, avec des variantes, avec tous les impérialismes, sans oublier le belge (Congo), l’allemand (Cameroun, Togo…), ni l’espagnol, ni le hollandais, ni le britannique face aux peuples d’Inde, d’Asie et des Caraïbes. Tous ces peuples colonisés et bien d’autres n’ont dû leur libération qu’à de considérables sacrifices, qu’à eux-mêmes.
À partir de sa création en 1945, l’Onu (1), c’est-à-dire en réalité son Conseil de sécurité de cinq membres qui disposent du droit du veto, a redistribué les territoires des vaincus de la Deuxième Guerre mondiale aux vainqueurs. Ces « dépouilles », qui sont en réalité des pays et régions entières, ont été mises sous tutelle, sous protectorat, sous différentes appellations juridiques (voir les résultats au Moyen-Orient par exemple).
Aujourd’hui, l’Onu a une liste de « dix-sept pays à décoloniser ». Dans cette liste, apparaissent deux pays qui sont possédés par la France : la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie. Ils sont à « décoloniser » depuis des décennies. Mais pourquoi la Guyane, la Réunion, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy, les terres australes et arctiques, les îles de Wallis et Futuna occupées par la France ne sont-elles pas sur cette liste de l’Onu ? Cela, d’ailleurs, ne changerait pas grand-chose à la domination impériale française, mais cela révèle symboliquement, si besoin en était, les « facéties » de l’arbitraire du prétendu droit international (2).
La Guyane appartient à la France depuis 1852, la Guadeloupe et la Martinique depuis 1635, etc. Le droit international a été construit, élaboré, par les puissances dominantes qui l’utilisent – ou pas – en fonction de leurs intérêts du moment. C’est un paravent commode pour toutes sortes d’opérations, qui agît tel un « élixir » permettant d’espérer « un avenir meilleur au sein d’un système équitable ».
Retenons également que l’Onu dispose d’une immunité absolue (3) : aucune juridiction d’aucun État ne peut l’attaquer. Quant à ses résolutions, il suffit de voir ce qui se passe à Gaza (4). On peut aussi voir comment la France qui a volé l’île de Mayotte aux Comores considère les résolutions qui concernent cette question.
Lénine considérait la Société des Nations (SND, ancêtre de l’Onu) comme une « caverne de brigands ». Nous pensons la même chose concernant le successeur de la SDN, l’Onu.
La caverne n’est pas plus grande mais les brigands ont accru leur capacité de nuisance.
(1) L’un des meilleurs spécialistes du droit international et de l’Onu, le professeur Charles Chaumont, pouvait ainsi écrire concernant la charte fondatrice de l’Onu qu’il s’agissait « d’un traité compliqué et parfois obscur (…). La raison fondamentale de cette complication et de cette obscurité est le caractère transactionnel de ce texte, reflet de tendances contradictoires et de compromis ambigus (…). Les principales décisions politiques ont été prises par un comité officieux ». Avis d’un spécialiste du droit international par ailleurs défenseur de cette institution.
(2) Charles Chaumont, encore : « La simple lecture de la Charte (de l’Onu) confirme ce que l’on savait déjà. L’organisation n’est pas faite pour lutter contre les grandes puissances. » Et pour cause.
(3) L’Onu gère parfois directement des situations. Voire ses résultats dans le pays martyrisé qui s’appelle Haïti. On retrouve dans le « Core Group », responsable du déploiement des troupes sous l’égide de l’Onu dans ce pays, les mêmes puissances (USA, Canada, France et autres).
(4) La fameuse Cour internationale de justice considère depuis 1967 la colonisation israélienne comme illégale en Cisjordanie. Idem pour le mur édifié par l’État d’Israël en 2002. Cette semaine le gouvernement israélien a décrété le plus vaste plan de colonisation de son histoire. Le « droit international »… autant en emporte le vent.
