De Marseille à Paris, une marche pour Gaza pour « maintenir la pression sur nos gouvernements »
Baptiste André, médecin français, était sur le Madleen, en juin dernier. Nous l’avons interviewé alors qu’il s’apprête à participer à une marche qui partira de Marseille pour rejoindre Paris le 29 novembre, pour la manifestation nationale pour Gaza.
- Actualité internationale, Palestine

Avant d’aborder ta participation à la marche qui va partir de Marseille ce 15 novembre pour rallier Paris et la manifestation nationale pour Gaza le 29 novembre, peux-tu nous parler de ton tout récent voyage en Égypte ?
Baptiste André : Je viens de rentrer. On vient de réaliser une mission qui pour moi fait partie de cette mobilisation globale. Nous avons organisé une cagnotte et une levée de fonds pour quinze étudiants palestiniens en médecine qui sont actuellement en Égypte et qui tentent de continuer leurs études dans ce pays.
Et donc, il y a trois semaines, on a organisé une levée de fonds internationale qui nous a permis de récolter 50 000 euros à ce jour. Je viens de passer quarante-huit heures en Égypte pour rencontrer ces étudiants et payer l’ensemble de leur premier semestre grâce aux dons.
Ce qui est donc pour moi une action extrêmement concrète, très utile et en plus très urgente puisqu’ils allaient être expulsés de leur université. Et maintenant, ce n’est plus le cas puisque les inscriptions sont payées.
Quelles sont tes motivations personnelles pour rallier Paris le 29 novembre ?
Elles sont multiples. L’attention sur ce qui se passe à Gaza et en Palestine, c’est vraiment le nerf de la guerre.
Cette attention, elle est médiatique mais elle est aussi populaire et on voit qu’elle est en dents de scie. Elle a été extrêmement forte au début du génocide fin 2023 et début 2024. Puis, les choses se sont essoufflées. Elles ont repris notamment au moment des flottilles auxquelles j’ai participé au mois de juin, sur le Madleen, puis plus récemment, au mois de septembre, avec la Global Sumud Flotilla.
L’attention est à nouveau retombée après la signature du « cessez-le-feu ». Un « cessez-le-feu » avec beaucoup de guillemets, puisqu’il y a toujours des bains de sang et qu’il y a toujours une situation de génocide et toujours, et surtout, une situation de crise humanitaire.
Pour ces raisons-là, cette journée du 29 novembre est cruciale, pour refaire remonter le niveau d’attention générale à l’échelle citoyenne et internationale, pour mettre la pression sur nos gouvernements pour qu’on aille bien au-delà de la reconnaissance d’un État palestinien.
C’est bien que la France l’ait fait, c’est une étape importante, mais c’est cynique, c’est hypocrite, c’est beaucoup trop tardif.
Et maintenant il s’agit de transformer vraiment les paroles en actes et d’agir concrètement pour appliquer la justice internationale et le droit en mettant tout en œuvre pour arrêter Netanyahou et ses complices.
Mais c’est aussi transformer les paroles en actes en ouvrant réellement un corridor humanitaire qui ne soit pas dirigé par un duo israélo-américain, qui ne cherche qu’à tirer profit de cette situation pour étendre son territoire, étendre son assise et toujours soumettre plus les Palestiniens qui n’ont même pas été concertés pour la signature de ce « cessez-le-feu ».
Donc voilà, s’il y avait un seul message, c’est maintenir l’attention et maintenir la pression sur nos gouvernements.
