Dermatose bovine : « La maladie n’a pas de caractère politique », prétend le président de la FNSEA. Vraiment ?

La FNSEA défend la politique du gouvernement face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Son président, Arnaud Rousseau, s’en est expliqué sur France Inter.

Au centre, la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Annie Genevard, ici aux cotés d’Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, en mars 2025. (AFP)
Par Daniel Majak
Publié le 30 décembre 2025
Temps de lecture : 6 minutes

La FNSEA défend la politique du gouvernement face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) : abattage total des troupeaux de bovins infectés et vaccination limitée aux zones touchées. Son président, Arnaud Rousseau, s’en est expliqué sur France Inter dans l’émission « Le Grand Entretien » du 17 décembre. Pendant qu’il passait à l’antenne, le ministère de l’Intérieur recensait 80 actions en cours d’agriculteurs, d’ailleurs rejointes par plusieurs députés insoumis comme Manon Meunier et Christophe Bex.

Avec la Confédération paysanne et la Coordination rurale, les manifestants réclament la vaccination des bovins sur l’ensemble du territoire français et dénoncent la violence d’État contre les éleveurs et leurs soutiens qui ont tenté d’empêcher des abattages intégraux de troupeaux. Pour ces personnes qui ont fait face aux grenades lacrymogènes, aux LBD dans le Doubs et aux blindés dans l’Ariège, Arnaud Rousseau n’a aucun mot. Un « agriculteur responsable » doit selon lui tenir la ligne défendue par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Le président de la FNSEA, qui rejette la vaccination de masse alors qu’elle est reconnue par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) comme le moyen le plus efficace de contenir la DNC, a le culot de comparer les contestataires à des « antivax » ; et il invoque le « consensus scientifique » pour soutenir le gouvernement tout en clamant que « la maladie n’a pas de caractère politique ».

Dès le 16 juillet dernier, la présidente du groupe parlementaire LFI Mathilde Panot réclamait par courrier à Annie Genevard l’arrêt des abattages intégraux, dont l’inefficacité pour contenir la DNC avait été prouvée lorsque la maladie avait touché des pays du sud-est de l’Europe en 2015-2016. Même indemnisé, un éleveur dont les animaux sont abattus subit des pertes économiques irréversibles puisqu’il perd d’un coup tout le travail réalisé sur la génétique de son troupeau. Certaines (…)


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