Rassemblement à Nantes contre les coupes dans la Culture
Choses vues et entendues lors d’un rassemblement en soutien aux travailleurs du spectacle.
- Actualité politique et sociale, Budget, Culture

Le 21 janvier dernier, l’intersyndicale du spectacle vivant subventionné, qui a la particularité de réunir des syndicats de salariés (CGT et FO) et des employeurs, appelait à un rassemblement devant la Cité des congrès de Nantes, à l’occasion de la Biennale internationale du spectacle vivant (Bis Nantes).
Trois cent cinquante personnes se sont ainsi réunies pour dénoncer les coupes budgétaires qui se multiplient partout, en application des budgets austéritaires de Macron, Bayrou, Lecornu et de leurs alliés.
Les représentants de l’union locale de la CGT de Nantes et de l’union départementale FO de Loire-Atlantique sont intervenus pour apporter le soutien de l’interprofessionnelle à cette mobilisation.
L’austérité tue le spectacle vivant
Le militant de FO a profité de cette occasion pour pointer du doigt la responsabilité des parlementaires qui ont voté pour ou se sont abstenus lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 :
« L’austérité tue le spectacle vivant, ce qui équivaut à une petite mort, mais elle tue tout court à l’hôpital où les médecins et les personnels, comme à Saint-Nazaire et à Angers, ont décidé la grève, en appellent au soutien de la population (…).
Avec Macron et Lecornu, une nouvelle étape est franchie : alors que la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 supprime encore 4 milliards d’euros à la Santé, le projet de budget 2026 prévoit 6,7 milliards de plus pour l’économie de guerre.
Dans le même temps, 4 000 postes d’enseignants sont supprimés… et les dotations des collectivités, si essentielles à la vie artistique et culturelle, comme au déneigement des routes ou à l’entretien des voiries ou des établissements scolaires, sont encore réduites. »
Je vous le dis, pour Force ouvrière : « Honte aux députés qui se sont abstenus ou ont voté pour le PLFSS 2026, aggravant la situation des hôpitaux en pré tendant avoir obtenu une pseudo-suspension de la réforme des retraites, bradant nos grèves et manifestations de 2023 pour l’abrogation de la réforme des retraites ! ».
« Honte à ceux qui ne voteront pas la censure »
« Honte à celles et ceux qui ne voteront pas la censure après le vingt-neuvième 49.3 du quinquennat de Macron sur le projet de budget 2026.
Ceux-là prétendent être un rempart à l’extrême droite… alors qu’ils en sont les marchepieds.
Lorsque le bruit des bottes se fait toujours plus menaçant, l’art et la culture, de même que l’instruction, font partie des premiers sacrifiés.
Mais nous sommes la preuve ici que rien n’est perdu, que nous sommes nombreux à résister.
Nous sommes nombreux à ne pas accepter la marche à la guerre, à réclamer l’arrêt du génocide en Palestine. Et cette résistance s’exprime également à l’échelle internationale, notamment à travers la tenue d’un meeting qui se déroulera le 20 juin prochain à Londres à l’initiative du mouvement ouvrier anglais, notamment de la coalition “Stop the War” et de nombreux syndicats, dans la continuité de celui qui s’est déroulé à Paris le 5 octobre dernier.
Soutien à l’intersyndicale du spectacle vivant public, pour la satisfaction de l’ensemble de ses revendications !
Soutien à toutes celles et ceux qui refusent l’austérité et l’économie de guerre !
Abrogation de la LFSS 2026, non au budget Macron/Lecornu !
À bas la guerre ! Vive le spectacle vivant ! »
François Ruffin aux côtés de Sophie Binet
Dans l’assistance, certains politiques se tenaient à proximité de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. François Ruffin notamment. Et que nous a dit ce dernier à l’occasion de sa prise de parole qui a suivi?
Rien. Ou plutôt si… Alors que le rassemblement était organisé pour dénoncer les coupes budgétaires qui touchent de plein fouet les travailleurs de la culture et leurs emplois, François Ruffin a renvoyé le combat immédiat à un besoin d’« imaginaire ».
Ensuite, dénonçant à raison la politique de casse de la présidente de région, Christelle Morançais (Horizons), Ruffin précise cependant que celle-ci ne réalise pas de coupes « pour des raisons économiques ou budgétaires, mais pour des raisons profondément politiques ».
En agitant ainsi le chiffon de la « droite », de « l’extrême droite » et de la « droite extrême », sur le terrain idéologique et non économique, François Ruffin couvrait ainsi une forfaiture : le vote des députés PS et écologistes à l’Assemblée nationale.
Il fallait sans doute bien cela, puisque Ruffin venait d’exprimer publiquement dans la presse son soutien à la n° 2 du PS, Johanna Rolland, pour les élections municipales de mars 2026 à Nantes.
