À bas la guerre !
L’image des quatre Rafales escortant l’avion présidentiel lundi 2 mars pour rejoindre la rade de Brest porterait à rire si elle n’avait pas comme conséquence la volonté de faire des pas supplémentaires vers l’engrenage infernal de la guerre
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L’image des quatre Rafale1Une heure de vol d’un avion Rafale coûte 20 000 euros. escortant l’avion présidentiel lundi 2 mars pour rejoindre la rade de Brest porterait à rire si elle n’avait pas comme conséquence la volonté de faire des pas supplémentaires vers l’engrenage infernal de la guerre.
La veille, dimanche 1er mars, les dirigeants de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont adopté une déclaration qui annonce prendre, en lien « avec les États-Unis et les alliés de la région », « des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région, potentiellement en permettant des actions défensives nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones à leur source ». Notons que cette déclaration intervient quelques jours après celle du G7 concernant l’Ukraine, à l’occasion de laquelle le chef de l’État a assuré que la livraison de matériel militaire et la formation de soldats se poursuivraient.
C’est dans ce contexte que le président Macron s’est donc rendu sur la base opérationnelle de l’île Longue pour y prononcer un discours consacré à la dissuasion nucléaire de la France. Après l’augmentation faramineuse des budgets militaires réduisant d’autant tous les budgets sociaux, passée en force avec l’assentiment du Parti socialiste (PS), Macron annonce maintenant l’augmentation des ogives nucléaires, et après l’annonce du porte-avions, la mise en chantier d’un sous-marin nucléaire.
Le président Macron précise à ce sujet : « Un seul de nos sous-marins, tel que celui derrière moi, emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. » Une terrifiante puissance de mort et de destruction… et il faudrait en être fier… !
Dans le cours de son allocution, il affirme : « La France assumera toujours seule (…) le franchissement délibéré du seuil nucléaire. » Et d’ajouter : « La dissuasion est et doit demeurer un intangible français. En tant que président de la République, élu au suffrage universel direct, j’en suis le garant. »
Voilà donc un président à 18 % d’opinions favorables dans les sondages, dont le camp a perdu toutes les élections, maintenu en place par des soutiens qui ont trahi leurs électeurs – donc qui ne les représentent même plus – qui aurait, en vertu des institutions de la Ve République, ce droit exorbitant. Et quand bien même serait-il majoritaire… un homme seul avec un tel pouvoir ? Il y a urgence vitale à en finir avec cette Constitution.
Plus que jamais, la rupture prend tout son sens. Et on sait que, comme les Trump, Netanyahou et autres, il fait ces déclarations au compte de ceux qu’il représente : cette minorité attachée à ses privilèges et prête à tout pour les garder.
L’heure est à la résistance et à la riposte pour bloquer cette mécanique infernale et préserver la vie. Dans son discours contre l’intervention de Trump en Iran, l’actrice Jane Fonda, fidèle à ses engagements courageux de longue date, établit un parallèle avec la guerre du Vietnam et exhorte les Américains à descendre dans les rues : le mouvement populaire a mis fin à cette guerre. Elle a raison. Comme pour la guerre d’Algérie.
Les millions qui, dans le monde entier, ne veulent pas de ces guerres et de ces massacres en cours, se trouvent entravés par des gouvernements qui les approuvent, par des trahisons dans leurs propres rangs. Et aussi par des dirigeants de grandes centrales syndicales qui, tétanisés, apeurés, pensant passer entre les mailles du filet, préoccupés de leur sort personnel, ne jouent pas leur rôle originel de mobilisation dans l’unité, pour la défense des travailleurs, du mouvement ouvrier et de la civilisation contre la guerre.
Ces obstacles peuvent être surmontés. Les nombreuses prises de position syndicales condamnant la guerre contre l’Iran, après celles contre le génocide en Palestine, les masses de participants aux meetings LFI, les votes qui se porteront sur les listes de rupture aux élections municipales en témoignent. Résistance et riposte sont là, et bien là. Elles en inquiètent plus d’un…
De son bureau de l’Élysée, le président Macron décide de la participation de la France à la guerre Au lendemain de son discours à la base de sous-marins nucléaires de l’Île Longue, Macron a annoncé ce 3 mars au soir, dans une allocution télévisée depuis l’Élysée, l’envoi de « moyens de défense antiaérienne supplémentaires » et de la frégate Languedoc « qui arrivera au large de Chypre dès ce soir », en estimant que l’Iran « porte la responsabilité première de cette situation » Il a également donné l’ordre d’envoyer le porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée, ajoutant : « Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ses voies maritimes essentielles à l’économie mondiale ». |
