Des inondations… jamais vues ?

Tous les médias ont multiplié les « témoignages » pour qualifier les crues « exceptionnelles » du Sud-Ouest, et les désastres humains et matériels qui ont frappé encore une fois les populations abandonnées. Alors, crues exceptionnelles? Faux!

Carte du plan de prévention des risques naturels d’inondation (PPRI) de la commune de Sainte (Charente-Maritime), datant de 2011. La zone en rouge est inondable est cas de forte crue, phénomène récurrent. Elle correspond quasi exactement aux zones inondées cette année.
Par Gérard Luiggi
Publié le 8 mars 2026
Temps de lecture : 6 minutes

La ville de Saintes, en Charente-Maritime, a fait la Une de tous ces médias, en février, avec un « record » de hauteur d’eau de 6,20 mètres. Record ? Faux : dans cette ville, en 1994, une crue atteignait 6,67 mètres. Et en 1982, 6,84 mètres !

Par conséquent l’appétit des médias pour le sensationnel conduit à mentir sur la connaissance, celle des services de l’État et de la mémoire des populations, sur ces pluies, qui font déborder les rivières de leurs « lits ». Le ministère chargé de l’Environnement indique les différents lits d’une rivière : « Un cours d’eau s’écoule la plupart du temps dans son lit mineur. Son lit moyen est l’espace soumis à de fréquentes inondations, avec des périodes de retour de 1 à 10 ans.

Le lit majeur est l’espace occupé temporairement en période de très hautes eaux. Ses limites externes sont celles de la plus grande crue historique répertoriée. Il fait partie intégrante de la rivière. Il permet le stockage des eaux de crues débordantes. Les activités humaines et l’installation d’infrastructures y sont soumises à un risque naturel. »

Nous y sommes : qui donc a en charge la gestion du risque naturel ?

« La nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales » (préambule de la Constitution de 1946, adoptée par référendum le 5 mai 1946). Une responsabilité de la nation, donc de l’État, attribuée aux services du ministère en charge de l’Aménagement du territoire ; des services dont les techniciens et ingénieurs établissent les plans de prévention des risques d’inondation (PPRI).

La ville de Saintes a un PPRI approuvé. La carte d’aléas formalise une zone « rouge » interdisant toute construction car inondable, au regard de la crue la plus importante connue (voir ci-contre).

De nombreuses vidéos ont montré des embarcations dans les rues inondées de la ville : normal, ces rues sont classées inondables et donc inconstructibles dans le PPRI de la (…)


Vous avez lu 20% de l'article. La suite est réservée aux abonnés. Pour accéder au contenu, vous pouvez :

Vous êtes déjà abonné ? Connectez-vous :