La parole à Eli Domota
De passage à Paris, le porte-parole du Le Liyannaj Kont Pwofitasyon (Collectif contre l'exploitation outrancière) (Guadeloupe) a confié à Informations ouvrières ses réflexions sur la situation dans la région caraïbéenne.
- Actualité internationale, Guadeloupe

Que peux-tu nous dire sur la marche à la guerre dans la région Caraïbe, qui se généralise désormais dans tous les continents ?
Eli Domota : Comme dans toutes les régions du monde, la Caraïbe fait face à ce que j’appellerais une expansion impérialiste.
Aujourd’hui, Trump a clairement affirmé son ambition, à travers notamment la doctrine de Monroe, de faire de la zone Caraïbe et de tout le continent américain sa zone exclusive. Il ne veut voir la présence d’aucune force politique ou d’autres puissances nuire à son hégémonie.
Il a fait tuer plus d’une centaine de personnes sur des petits bateaux, sous couvert de narcotrafic. Des marins-pêcheurs, des familles ont été massacrées, par des drones ou par des tirs d’avions militaires.
Les îles de la Caraïbe sont de petites îles et les États-Unis y interviennent comme bon leur semble.
On se souvient de l’invasion de la Grenade en 1983, où ils sont rentrés : ils ont liquidé les gens, ils ont liquidé leur gouvernement, et après ils en ont installé un autre à leur solde. Ils sont toujours dans la même philosophie, singulièrement avec la deuxième mandature de Donald Trump.
Le narcotrafic a servi de prétexte pour débarquer au Venezuela, kidnapper le président vénézuélien et sa femme, et récupérer le contrôle de ce pays, et à travers lui, le contrôle sur la première réserve pétrolière au monde. La zone dans laquelle se situe Haïti, Saint-Domingue, le Venezuela, la Guyana, etc., est l’une des plus grandes réserves pétrolières au monde. On comprend pourquoi il y a cette instabilité organisée en Haïti. Et on comprend pourquoi il y a cette attaque délibérée contre le Venezuela.
Le Venezuela, d’ailleurs, depuis l’avènement de Chavez, avait clairement dit que le pétrole devait rapporter principalement au peuple vénézuélien plutôt qu’aux multinationales américaines et européennes. Et ça, le système capitaliste l’a toujours vu de très mauvais œil.
Donc aujourd’hui, il leur faut revenir à la doctrine impérialiste : « Nous rentrons chez vous, nous prenons ce que nous voulons et vous n’avez rien à dire. »
C’est également cette vision qu’a le gouvernement américain vis-à-vis de Cuba. Les États-Unis sont toujours nostalgiques de cette époque où Cuba était leur arrière-cour, un peu le tripot des États-Unis, sous Batista, avant 1959. C’est (…)
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