Des militants antiguerre russe et ukrainien au meeting de Londres, le 20 juin
« Soutenez les objecteurs de conscience, les déserteurs, les réfugiés et tous ceux qui rejettent cette guerre ! »
- Actualité internationale, Contre la guerre, Meeting de Londres

« La plus grande menace pour la machine de guerre de Poutine »
Intervention d’Andreï Demidov, militant russe (extraits)
« Bonjour, camarades. Je représente l’Union des gauches post-soviétiques, coalition entre Russes et Ukrainiens, et la coalition La paix par en bas. Je suis russe. Mes camarades restent en prison en Russie et d’autres continuent l’activité antiguerre dans la clandestinité. Et c’est moi qui les représente aujourd’hui.
Les médias occidentaux et les élites politiques répètent sans cesse qu’il n’y a pas de résistance antiguerre en Russie. C’est faux. Après quatre ans de guerre, la résistance devient enfin massive, mais il s’agit rarement de manifestations ouvertes. Le plus souvent, ce sont les armes des faibles : sabotage, insoumission, désertion, refus de participer à la guerre.
On recense au moins 120 000 cas de désertion depuis le début de la guerre.
Alors, quel est le principal problème de Poutine aujourd’hui ? Le manque de chars ? Non. Le manque de missiles ? Non. Le principal problème de Poutine, c’est le manque de volontaires pour l’armée. Les gens résistent. Les gens résistent discrètement, individuellement, souvent sans organisation ni représentation politique.
C’est précisément cette résistance passive de millions de personnes qui dévient la plus grande menace pour la machine de guerre de Poutine. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui une campagne internationale de solidarité avec les déserteurs russes.
Mais, le régime de Poutine a trouvé un allié inattendu dans les gouvernements occidentaux, qui veulent refuser à tous les Russes participant à l’armée l’entrée dans l’Union européenne.
Alors que peut-on faire ? On peut montrer aux millions de Russes qu’au-delà de la frontière, ils trouveront des alliés, des amis, et non seulement des sanctions.
Nous leur montrons qu’un autre avenir est possible, non pas une victoire militaire, non pas un accord entre dirigeants, mais une paix qui vient de la base, une paix fondée sur l’autodétermination, la démocratie et la solidarité entre les peuples. C’est ce que l’on peut faire. »
« Les déserteurs russes ne sont pas les ennemis du peuple ukrainien, mais des alliés naturels »
Intervention d’Igor Romanchuk, militant ukrainien (extraits)
« Je suis ukrainien. Je viens d’un pays où les bombes et les missiles russes continuent de tuer des civils, et où des millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer pour échapper aux ravages de la guerre. Mais reconnaître ce fait ne signifie pas soutenir les oligarques ukrainiens, le gouvernement ukrainien ou les politiques qu’ils mènent.
Trop souvent, on nous présente un faux choix. On nous dit : soit vous soutenez Poutine, soit vous soutenez Zelensky ; soit le chauvinisme russe, soit le nationalisme ukrainien ; soit une classe dirigeante, soit l’autre.
Mais les peuples d’Ukraine, de Russie, de Grande-Bretagne, du Soudan ou d’Iran ne sont pas obligés de choisir entre différentes classes dirigeantes.
La classe dirigeante ukrainienne exige que les gens sacrifient leur vie pour un système autoritaire qui maintient des millions de personnes dans la pauvreté tout en enrichissant une minorité privilégiée au sommet. Parce que les élites ukrainiennes s’achètent des appartements de luxe à Monaco et des domaines près de Kiev, le coût de la guerre sur les épaules de ceux que les autorités ukrainiennes mobilisent chaque jour pour cette guerre contre leur volonté.
Aujourd’hui, ceux qui s’opposent à ces politiques en Ukraine risquent des poursuites pénales et l’emprisonnement. En mars de cette année, le pacifiste ukrainien Yuri Sherozhenko a été arrêté par la police ukrainienne, privé de l’accès à son avocat et a signalé avoir subi des violences physiques.
La véritable solidarité avec l’Ukraine consiste à soutenir le peuple ukrainien, et non son régime. Et toute aide militaire ou financière qui ignore cette question constitue un crime contre le peuple ukrainien.
La paix immédiate est l’intérêt primordial du peuple ukrainien ; elle ne constitue pas une capitulation, contrairement à ce que la classe dirigeante cherche à faire croire.
Les déserteurs russes ne sont pas les ennemis du peuple ukrainien, mais des alliés naturels dans cette lutte contre la guerre.
Et ceux qui refusent la guerre doivent bénéficier d’une protection juridique.
Soutenez les objecteurs de conscience, les déserteurs, les réfugiés et tous ceux qui rejettent cette guerre par en bas. »
